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L’actualité

Finances départementales d’action sociale

L’étude annuelle de la Dress sur les dépenses d’aide social des départements confirme les précédents résultats de l’Odas ( publié le 15-02-2019 )

« Le ralentissement des dépenses d’aide sociale des départements se confirme en 2017 » titre la Dresse dans son dernier rapport. Un titre qui n’est pas sans rappeler les constats de l’Odas publiés en mai 2018, soulignant que "pour la deuxième année (...)

« Le ralentissement des dépenses d’aide sociale des départements se confirme en 2017 » titre la Dresse dans son dernier rapport. Un titre qui n’est pas sans rappeler les constats de l’Odas publiés en mai 2018, soulignant que « pour la deuxième année consécutive, la dépense d’action sociale départementale augmente modérément ».

Neuf mois après l’étude annuelle de l’Odas sur les dépenses départementales d’action sociale en 2017, basée sur une estimation à partir d’un échantillon de 43 départements, la Dress publie ses résultats consolidés issus des remontés de l’ensemble des départements. Ceux-ci confirment les tendances déjà observées par l’Odas dans son dernier rapport annuel sur la question intitulé « Dépenses départementales d’action sociale en 2017 : un effritement inquiétant des marges de manœuvre ».

Consulter le rapport de la Dress

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Evénement

Journée citoyenne et prévention de la délinquance ( publié le 14-02-2019 )

Les 13 et 14 décembre, l’association Citoyens et Justice organisait sa Commission nationale Justice des Enfants et des Adolescents (JEA) à Pontoise. L’objectif de ces journées étaient de poursuivre les travaux sur la prévention de la délinquance (...)

Les 13 et 14 décembre, l’association Citoyens et Justice organisait sa Commission nationale Justice des Enfants et des Adolescents (JEA) à Pontoise. L’objectif de ces journées étaient de poursuivre les travaux sur la prévention de la délinquance juvénile et d’approfondir cette fois-ci la notion d’Engagement. Pour évoquer ces problématiques, deux jours de débats étaient organisés autour des questions d’engagement qu’il soit citoyen ou institutionnel. Une table ronde intitulée « Les Citoyens sur le devant de la scène » mettait notamment à l’honneur la journée citoyenne, en présence de Didier Lesueur, directeur général de l’Odas, association qui porte l’essaimage de la Journée citoyenne, et Michel Gonord, maire de Champagne-sur-Seine (commune organisatrice de la Journée citoyenne) et ambassadeur de la Journée citoyenne.

En effet, comme l’affirme Citoyens et Justice dans sa note de positionnement stratégique, diffusée à l’occasion de ces deux journées, la prévention de la délinquance est l’affaire de tous. Citoyens, élus, professionnels de l’action sociale, intervenants socio-judiciaires, médecins, éducation nationale...
Elle doit être portée par des politiques nationales et locales capables à la fois d’impulser les complémentarités des dispositifs et de ses acteurs et d’accompagner les citoyens dans l’apprentissage d’un vivre ensemble bienveillant et solidaire.

Il faut retrouver ensemble le goût du partage et de la solidarité qui permettait aux gens de prendre soin les uns des autres. Didier Lesueur, Directeur Général de l’ODAS, défend cette même idée constatant que l’intensité de la pauvreté et de la précarité, est rendue aujourd’hui plus difficile qu’hier en raison de l’affaiblissement des liens sociaux. A cet égard, il relève que depuis 30 ans « toutes les politiques sociales publiques ont favorisé l’autonomie en oubliant d’entretenir son pendant qui est l’interdépendance ».

  • « Pour grandir, on a tous besoin de se nourrir des uns des autres. (...) Une société de l’individu est une société qui s’effondre et qui va vers la barbarie » _ -Didier Lesueur

Aussi, favoriser les liens sociaux et solidaires participe de la prévention de la délinquance. Didier Lesueur, Directeur Général de l’ODAS préfère, quant à lui, employer le mot de « prévenance » plus positif et tourné vers l’attention à l’autre.
Cette attention à l’autre est exactement le but de la journée citoyenne, créée il y a 10 ans par le Maire de Mulhouse et portée depuis 2015 par l’ODAS.

Michel Gonord, Ambassadeur de la Journée Citoyenne en Ile de France et Maire de la ville de Champagne sur Seine en est à sa deuxième édition.
Des événements dans sa ville, il en faisait régulièrement, marché de Noël, fête de la ville, manifestations thématiques. A chaque fois, peu ou prou, cent cinquante habitants, toujours les mêmes, participent aux festivités. C’est peu au regard des 6 500 champenois que compte sa ville.
Pour lui, la journée citoyenne a quelque chose de particulier en ce qu’elle fédère des personnes qui ne se seraient jamais déplacées, jamais rencontrées.

  • « Ils ne viennent pas profiter d’une manifestation organisée par la mairie mais travailler à un projet les concernant » -Michel Gonord

Le succès est au rendez-vous

Cette année de nouveaux citoyens se sont engagés dans les actions proposées par la municipalité, permettant de brasser naturellement et sans cibler personne, tous les âges, toutes les origines sociales et culturelles

Pour la mairie, c’est beaucoup d’organisation et d’anticipation mais les retombées tant en termes de réalisation de travaux pour la ville que de rapprochement des citoyens sont des plus positifs. A cet égard, Michel Gonords’est aperçu qu’un groupe s’était créé sur facebook avec la volonté pour certains participants de se retrouver dans un autre cadre.

Mais qu’en pensent les citoyens

Pierre Spiteri, citoyen engagé et membre d’une association, est porteur de projet depuis la première édition de la journée.

  • « Pour une journée citoyenne en septembre il faut commencer à réfléchir dès février/mars sur l’action à développer et les équipes à constituer » -Pierre Spiteri

Pour cela, les porteurs d’atelier rencontrent plusieurs fois les équipes municipales. Il faut trouver des projets pérennes. Pas question de créer un nouveau jardin, si son entretien n’est pas pensé en amont que ce soit par un collectif d’habitants ou par les équipes municipales. Le mot d’ordre n’est donc pas de « faire pour » mais de « faire ensemble », tous ensemble.

A cet égard, « Cette année, le centre d’hébergement de migrants de la ville a été associé à l’opération. Des réfugiés se sont proposés pour participer avec nous à plusieurs actions », témoigne Pierre Spiteri.

C’est aussi cela la journée citoyenne !

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Enquête flash

L’incidence de la Conférence des financeurs de la Prévention de la Perte d’Autonomie sur les actions collectives de prévention ( publié le 05-02-2019 )

Le 12 février l’Odas présentera, devant la commission d’action sociale de la CNAV, les résultats de son enquête sur « L’incidence de la Conférence des financeurs de la Prévention de la Perte d’Autonomie sur les actions collectives de prévention ». Cette (...)

Le 12 février l’Odas présentera, devant la commission d’action sociale de la CNAV, les résultats de son enquête sur « L’incidence de la Conférence des financeurs de la Prévention de la Perte d’Autonomie sur les actions collectives de prévention ». Cette enquête vise à alimenter le travail de la CNAV dans le cadre de la concertation nationale grand âge et autonomie afin de contribuer à la formulation de propositions concrètes pour le prochain projet de loi sur le sujet.

Depuis plusieurs années, la CNAV a fait de la prévention de la perte d’autonomie, notamment auprès des retraités les plus fragiles, une priorité de sa politique d’action sociale. Cette politique s’inscrit pleinement dans les objectifs de la loi du 28 décembre 2015 relative à l’Adaptation de la Société au Vieillissement, qui a instauré la mise en place, dans chaque territoire départemental, d’une Conférence des Financeurs de la Prévention de la Perte d’Autonomie (CFPPA). Ces CFPPA se sont installées progressivement à partir de 2016, pour couvrir l’intégralité des départements métropolitains en 2017.

Ces instances fédèrent localement les principaux acteurs du secteur, dont les caisses de retraite, afin de définir un programme coordonné de financements des actions individuelles et collectives de prévention. Ce programme est construit autour des priorités identifiées sur chaque département et s’appuie sur six axes définis par la loi, dont l’axe 6 qui porte sur le développement d’« Autres actions collectives de prévention ». Afin de concrétiser leur programme, les CFPPA ne disposent pas de fonds propres, mais mettent en synergie les actions et circuits financiers de chaque financeur, auxquels s’ajoutent deux concours spécifiques de la CNSA, dont un dédié à l’axe 6.
Au mois de novembre 2017, la CNAV a confié à l’Odas, la réalisation d’une « enquête flash », afin d’une part d’évaluer l’impact de la CFPPA sur le développement et la programmation d’actions collectives de prévention (ACP) et d’autre part d’objectiver la place des Carsat et des structures interrégime, en matière de prévention, au sein des CFPPA.

Afin de répondre à ces objectifs, deux questionnaires ont été élaborés lors d’une réunion de cadrage réunissant des représentants de la Direction de l’Action sociale de la CNAV, des Carsat, de la Caisse Nationale de Soutien à l’Autonomie (CNSA) et de l’Odas. L’un des questionnaires est destiné aux Départements, qui président les CFPPA et qui perçoivent les deux concours financiers (« forfait autonomie » et « autres actions de prévention ») que la CNSA attribue aux CFPPA. L’autre est destiné aux Carsat, membre de droit de la CFPPA et un des principaux acteurs de la prévention de la perte d’autonomie sur les territoires, à travers notamment les structures interrégime (ASEPT, PRIF…). Ils concernent les trois premières années de fonctionnement de la CFPPA.
Ces deux questionnaires comportent sept items concernant : les conventions établies entre les Carsat/structures interrégime (ASEPT, PRIF…) et les Départements ; l’émergence de nouvelles formes/thématiques d’ACP, de nouveaux opérateurs, de nouveaux publics ; l’utilisation par les CFPPA du référentiel des programmes de prévention de l’interrégime et des travaux des Observatoires des fragilité (questions posées uniquement aux Départements) ; les plus-value apportées par les CFPPA et les points de vigilance, sur le développement des actions de prévention (questions posées uniquement aux Carsat).
L’enquête a été menée entre le 21 novembre 2018 (envoi des questionnaires) et le 15 janvier 2019 (restitution des premiers résultats) auprès de l’ensemble des Carsat (16) et Départements métropolitains (95). A cette date, toutes les Carsat et 53 Départements ont répondu aux questionnaires, soit au minimum deux Départements par Carsat.
Les résultats définitifs seront présentés le 12 février à la commission d’action sociale de la CNAV.

>>Contact : Estelle Camus

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Entretien

Fraternité, le temps de l’action ( publié le 02-01-2019 )

À l’occasion de la sortie du dernier ouvrage de Jean-Louis Sanchez “La Fraternité n’est pas une chimère – 35 réformes indispensables pour rétablir le vivre-ensemble” (éditions L’Harmattan), s’appuyant sur 30 ans d’observation de l’Odas, Le Jas a (...)

À l’occasion de la sortie du dernier ouvrage de Jean-Louis Sanchez “La Fraternité n’est pas une chimère – 35 réformes indispensables pour rétablir le vivre-ensemble” (éditions L’Harmattan), s’appuyant sur 30 ans d’observation de l’Odas, Le Jas a organisé une discussion à bâtons rompus entre le délégué général de l’Odas et Jean-Paul Delevoye, auteur de la préface. En 1999, ils avaient lancé ensemble le tout premier “Appel à la Fraternité”. 20 ans après, nous avons souhaité savoir où ils en étaient.

Depuis 1999, vous êtes engagés l’un et l’autre, et souvent ensemble, dans la défense des trois termes de la devise républicaine, en insistant sur leur caractère indissociable. Pouvez-vous nous en donner les raisons ?

Jean-Paul Delevoye : Dès l’aube du XXIe siècle j’avais le sentiment que, après trente années de croyance insouciante dans les vertus du seul progrès économique, notre société entrait dans une grave crise de sens, en raison de la régression de toutes nos institutions socialisantes, qu’il s’agisse du travail, de la famille, des croyances religieuses ou des idéologies politiques.
Or, ne croyant plus en un destin collectif, chacun se replie sur sa survie et la préservation de ses intérêts. Le général de Gaulle le disait déjà d’ailleurs : “Lorsqu’il défend une cause, le peuple se transcende ; lorsqu’il défend des intérêts, il se déchire”.
La liberté se rétrécit, et on voit l’Homme bas- culer dans un esclavage moderne. Prenons l’exemple des nouvelles technologies : elles peuvent libérer, mais elles peuvent aussi forger des chaînes d’autant plus dangereuses qu’elles sont invisibles. L’excès d’informations sans tri, sans contrôle, peut manipuler nos com- portements, nos pensées. L’intégration dans des “réseaux de semblables” nous conduit à une lecture univoque du monde, au repli indi- viduel ou communautariste. C’est pourquoi, lorsque j’étais au Conseil économique, social et environnemental, j’avais mis en œuvre une démarche dénommée le “sommet des consciences”, pour rechercher collectivement ce qui pourrait restaurer un lien plus substantiel entre liberté et altérité, liberté et diversité, liberté et responsabilité.
De même sur l’égalité, faute d’une perception positive des autres, de leur potentialité, on reste attachés à une lecture statique de l’égalité comme s’il s’agissait seulement d’homogénéiser les droits. Alors que le véritable enjeu est d’offrir à chacun la possibilité d’aller au maximum de ses propres potentialités.
C’est pour ça que la fraternité est nécessaire. Elle n’a rien de compassionnel, c’est un projet politique. C’est elle qui donne un cap aux deux autres dimensions pour éviter leur enlisement. Elle permet de satisfaire la “gourmandise” du futur, sans laquelle, comme le dit Régis Debray : “Bien que l’espérance de vie aug-
mente, l’homme voit sa vie se réduire, parce que limitée au seul présent”.

Jean-Louis Sanchez : Je partage la vision de Jean-Paul Delevoye, car effectivement dès la fin du XXe siècle, tous les sondages révélaient déjà l’amplification d’une crise de confiance de nos concitoyens s’affichant dans diverses directions : l’avenir du pays, le voisinage, les institutions, les politiques etc. Mon engagement sur la fraternité est né à cette époque et a été renforcé par les études que nous faisions à l’Odas sur les enfants, les personnes âgées, les exclus, avec un constat commun : le caractère extrêmement pathogène du déficit des liens sociaux et des repères éducatifs. Comme l’a dit Jean-Paul, en glorifiant sans réserve depuis les années 1970 l’autonomie des personnes, on en a fait une fin en soi. Alors qu’elle devrait être avant tout une passerelle vers les autres, elle enracine l’individu dans son isolement et dans la peur de l’autre. Et aujourd’hui, la défiance se renforce et elle devient aussi nocive pour le vivre-ensemble que la progression du chômage et des inégalités. C’est d’ailleurs ce qui explique le retour en force des enracinements d’origine. Et partout la volonté de vivre ensemble s’efface dans les gestes de la vie quotidienne, dans les postures professionnelles, mais aussi dans le déclin de la responsabilité civique et de la démocratie.
C’est cette inquiétude qui m’a convaincu de la nécessité de rétablir une ambition collective, et de redonner tout son sens à la devise républicaine dans ses trois dimensions : mettre la liberté et l’égalité au service de la fraternité.

Pensez-vous que cette nécessité se soit amplifiée ces dernières années ?

J-P. D : Oui, je pense que la période est très inquiétante pour une grande partie de la planète ; car dorénavant c’est le système démocratique lui-même qui est en danger. On le voit aux États-Unis avec Donald Trump qui s’appuie sur des ressorts populistes contraires aux valeurs historiques du Parti Républicain. On le voit aussi en Europe ou en Amérique latine. Cela peut s’analyser comme une pathologie du pouvoir marqué par la disparition brutale des idéologies politiques qui avaient émergé après la guerre de 39-45 et qui reposaient sur un crédo mobilisateur : le progrès économique engendre le progrès social, le développement de la productivité engendre le développement des richesses collectives et individuelles. Aujourd’hui, faute d’ambition collective, c’est la dictature des émotions qui l’emporte sur la pensée critique. Ce qui me fait penser à ce que disait Churchill : “On se bat pour les prochaines élections, et pas pour les prochaines générations”.

J-L. S : Le besoin de fraternité est aujourd’hui renforcé par deux menaces qui nous paraissent de plus en plus perceptibles, celle du défi climatique et celle de l’amplification du terrorisme.
Sur le premier point, il m’apparaît indispensable de rappeler que, sans le souci de l’autre, de ses proches et de sa descendance, il sera difficile de surmonter toutes les contraintes que va nécessiter la transition écologique. C’est pour- quoi je pense que dans la définition du développement durable, il faut mettre en avant le développement humain, qui est une autre manière de définir la fraternité, comme condition du respect de l’environnement. C’est déjà dans la définition par l’ONU du développement durable, mais c’est rarement pris en considération sur le plan pra- tique. En ce qui concerne la sécurité, il me paraît évident qu’il n’y aura jamais de sécurité durable sans briser le discours de la haine et celui de la peur. Nous avons d’ailleurs lancé un nouvel appel à la fraternité (pour rappel le premier a été lancé en 1999) en 2015, à la suite des attentats de Paris, pour insister sur la nécessité de ce combat, en appréhendant la diversité non pas comme un handicap mais comme un atout déterminant dans un monde de plus en plus métissé.

Pourtant vous affirmez tous deux dans l’ouvrage que le moment est propice pour promouvoir des réformes de revitalisation de la citoyenneté et des liens sociaux. Pourquoi ?

J-P. D : Je crois qu’en tenant compte de la prise de conscience par tous les citoyens et les décideurs de la vulnérabilité de la nature et de ses conséquences pour l’homme, on peut réinventer la culture du pouvoir. Dès lors que la notion de fragilité est réintroduite dans les esprits, il y a une responsabilisation possible. Une sensibilité collective et individuelle (d’ailleurs renforcée par les attentats récents) peut faire naître une responsabilité nouvelle sur le plan politique. On l’a vu lors de la Cop 21 : les dirigeants ont su retrouver l’essence même de la Politique, c’est-à-dire, transformer les peuples par l’adhésion à une cause plutôt que de les laisser se déchirer sur la défense des intérêts.
D’autre part, on voit progressivement se dessiner une prise de conscience des conséquences destructrices de l’accroissement des inégalités. Si nous n’y prenons pas garde, les fractures de la société s’accroîtront, et nous aurons des chocs de générations au nom de conflits d’intérêts. Les jeunes ne voudront plus payer la retraite des personnes âgées, les bien-portants l’assurance maladie pour les malades... Comment penser face à de tels enjeux, que nous ne soyons pas capables de retrouver le sens de l’autre et le goût de l’action.

J-L. S : Je pense que ce mouvement de la société vers la fraternité s’est déjà considérablement développé localement. Contrairement à une vision pessimiste de notre pays on voit partout se concrétiser des initiatives d’engagement collectif. Il reste que celles-ci ne parviendront à engendrer un grand mouvement de résilience collective que si l’on parvient à rassembler toutes les énergies, celles du local comme celles
du national, autour d’un même objectif. C’est la condition pour parvenir le plus rapidement possible à une mobilisation de toute la société et non pas seulement des acteurs institutionnels. Car rien n’est plus dangereux que de rechercher la source de l’inaction dans le seul comportement des acteurs politiques. Quand la question de l’avenir de nos enfants se pose, chacun doit apporter sa contribution à la construction d’un autre monde.

Comment pensez-vous alors que ce mouvement se concrétisera dans les faits ?

J-P. D : Cela nécessite une réflexion sur la mobilisation des habitants. Car on a beau avoir une conscience, agir seul est souvent compliqué. La conduite du changement nécessite la mobilisation des groupes, qui facilitent l’adéquation entre l’opinion et le comportement. C’est là que le rôle des élus locaux est essentiel. Car c’est dans la proximité que l’on peut le plus efficacement donner l’occasion et la capacité aux citoyens d’être coacteurs, coproducteurs du futur, avec un politique dont le rôle est d’écouter pour mieux guider. D’ailleurs les expériences les plus encourageantes sont aujourd’hui issues d’une confiance entre les élus locaux, le mouvement associatif, et les habitants eux-mêmes. Mais cette relation de confiance doit s’établir partout. Aucune décision ne doit être prise sans débat préalable, aucun débat ne peut être utile sans pédagogie des enjeux. C’est ce que j’essaie de faire, avec la réforme des retraites dans laquelle je suis engagé aujourd’hui. Mais c’est aussi pour cette raison que je plaide pour que le plus tôt possible à l’école on enseigne aux élèves les caractéristiques de notre modèle de solidarité, de notre système de protection sociale, afin d’en montrer les vertus par rapport à d’autres systèmes moins solidaires.

J-L. S : Je pense moi aussi qu’il faut renforcer dans l’éducation la place des valeurs collectives, qui conditionnent l’épanouissement de chaque individu. C’est pourquoi parmi les 35 réformes que je propose, celle de redéfinir les contours de l’école pour qu’elle ne soit pas simplement un espace dédié aux savoirs et aux compétences, mais aussi aux repères collectifs. Je propose donc que l’école puisse accueillir les aînés du
quartier pour qu’ils partagent leur expérience avec les enfants et les jeunes. Mais aussi qu’elle s’ouvre aux initiatives du monde associatif lorsque celles-ci contribuent au soutien aux parents et aux familles... Je propose que les Journées citoyennes, qui ont fait la preuve de leur efficacité dans près de 1 500 communes aujourd’hui, soient initiées dans toutes les villes de France, car elles constituent à ce jour le levier le plus performant de mobilisation collective, quelque soit l’âge, l’origine, la culture de ceux qui y participent, comme l’a reconnu le Conseil d’État, dans sa récente étude sur la citoyenneté. Je propose que le service public soit le fer de lance du changement, en renforçant sa dimension missionnaire et en accueillant systématiquement et durablement des jeunes en service civique pour apporter une autre dimension qualitative. Mais je propose aussi des réformes institutionnelles indispensables sur le terrain de la démocratisation de la gouvernance, qu’il s’agisse de la protection sociale comme de la décentralisation. Et je pense que ces évolutions sont réalistes, car je crois avec Edgar Morin que “c’est dans les pires moments que le meilleur est possible”. ■


En 1999, le tout premier Appel à la Fraternité avec, déjà, Jean-Paul Delevoye, Jean-Louis Sanchez et René Lenoir.

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Evénement

Assises départementales de l’autonomie 2019 en Meurthe-et-Moselle ( publié le 02-01-2019 )

Le 6 février 2019, le Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle organise, en collaboration avec l’Odas, ses Assises départementales de l’autonomie.
La France vieillit, et en 2050 plus d’un habitant sur trois aura plus de 60 ans avec une (...)

Le 6 février 2019, le Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle organise, en collaboration avec l’Odas, ses Assises départementales de l’autonomie.

La France vieillit, et en 2050 plus d’un habitant sur trois aura plus de 60 ans avec
une espérance de vie en forte croissance. Et il y aura quatre fois plus de personnes âgées de plus de 80 ans. Face à un tel bouleversement, il est indispensable de s’interroger sur la place des personnes âgées dans la société et sur l’accompagnement qu’il convient de leur offrir en cas de perte d’autonomie. C’est à cette fin que la ministre des solidarités et de la santé, Madame Agnès BUZYN, a engagé une concertation nationale « grand âge et dépendance » avec l’objectif de compléter ou réformer la loi relative à l’accompagnement de la société au vieillissement de la société.

Dans ce contexte, les Assises organisées par le département de Meurthe-et-Moselle, en partenariat avec l’Odas et le Jas, ont vocation à affirmer que le vieillissement ne doit pas être perçu comme une charge mais comme une opportunité d’innovation, tant économique que sociale. C’est avec ce profond changement de regard sur l’âge que le conseil départemental de Meurthe-et-Moselle et l’Odas entendent apporter sa contribution aux réflexions nationales et mieux adapter les politiques qu’il mène.

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Conférence

« Mineurs non accompagnés, l’urgence de nouvelles réponses. État des lieux et perspectives » - Le 8 février 2019 à Paris ( publié le 27-12-2018 )

Face à l’afflux massif et croissant en France, comme partout en europe, de mineurs non accompagnés (MNA) ou se déclarant comme tels, les dispositifs (d’évaluation, de mise à l’abri et de prise en charge) sont saturés, les finances locales et les (...)

Face à l’afflux massif et croissant en France, comme partout en europe, de mineurs non accompagnés (MNA) ou se déclarant comme tels, les dispositifs (d’évaluation, de mise à l’abri et de prise en charge) sont saturés, les finances locales et les réponses traditionnelles de protection de l’enfance sont mises à mal dans un contexte déjà complexe. Reste que dès lors qu’ils sont sur son territoire, la France doit protéger ces jeunes s’ils sont mineurs et non accompagnés.
Comment relever ces défis, aujourd’hui et demain, dans le respect de nos engagements internationaux, de notre législation, de nos impératifs éthiques et de nos valeurs ? Comment adapter nos réponses aux besoins particuliers de ces jeunes ? Comment faire face sans déstabiliser les équilibres déjà fragiles des dispositifs publics et sociaux ? S’il n’y a pas de réponses simplistes, la convergence des objectifs des différents acteurs et la cohérence de la réponse publique sont-elles possibles ?

La conférence « Mineurs non accompagnés, l’urgence de nouvelles réponses. État des lieux et perspectives » , organisée le 8 février 2019 par l’École de la Protection de l’Enfance (EPE) et le Journal des Acteurs Sociaux (Jas) en partenariat avec l’ODAS et l’Assemblée des Départements de France (ADF), apportera des éclairages face à ces nombreuses interrogations.

Dans une première partie, elle dressera un état des lieux du phénomène, des besoins des jeunes concernés et des difficultés rencontrées par les acteurs qui doivent y répondre. Dans une deuxième partie, elle proposera un tour d’horizon (y compris au-delà de nos frontières) des évolutions à la fois nécessaires et concevables de notre système pour mieux répondre aux enjeux actuels et à venir. Dans une troisième partie, seront présentées plusieurs initiatives mises en place dans les territoires qui ouvrent d’ores et déjà des perspectives aux MNA comme aux acteurs qui s’en occupent.

>> Télécharger le programme et le bulletin d’inscription

RENSEIGNEMENTS :
Maria Lillo tél. : 01 53 10 24 10
Email : marie-jose.lopez@lejas.com
Web : www.lebpe.fr / www.lejas.com

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Publication

« La fraternité n’est pas une chimère : 35 réformes indispensables pour rétablir le vivre-ensemble » ( publié le 20-12-2018 )

Après La Promesse de l’autre, publié en 2013, Jean-Louis Sanchez (délégué général de l’Odas), avec son nouveau livre La Fraternité n’est pas une chimère, nous propose avec trente-cinq réformes pour rétablir le vivre-ensemble, un véritable projet de société. (...)

Après La Promesse de l’autre, publié en 2013, Jean-Louis Sanchez (délégué général de l’Odas), avec son nouveau livre La Fraternité n’est pas une chimère, nous propose avec trente-cinq réformes pour rétablir le vivre-ensemble, un véritable projet de société.

En s’appuyant sur trente ans d’observation au sein de l’Odas, Jean-Louis Sanchez nous propose de redéfinir les contours de la citoyenneté, de la solidarité et de la gouvernance. Et comme le changement ne se décrète pas, il invite non seulement les institutions, mais aussi tous les acteurs de la société à agir autrement : habitants, fonctionnaires, acteurs associatifs, décideurs publics….

Étayant sa démonstration d’exemples précis et d’initiatives prometteuses, il ouvre des perspectives immédiatement opérationnelles pour rétablir la confiance entre les habitants, et entre ceux-ci et les gouvernants. Parmi ces perspectives, on peut citer la métamorphose de l’école par son ouverture sur le quartier et le bénévolat, la mobilisation de tous les aînés comme acteurs éducatifs, l’organisation dans toutes les communes d’une journée citoyenne, la généralisation de l’engagement associatif, la décentralisation des politiques de l’emploi, la promotion de la prise de risque dans les services publics, la reconnaissance du rôle décisif des maires sur le pacte républicain… Et comme dénominateur commun de ces initiatives le souci de rompre avec notre conception actuelle d’une démocratie qui privilégie l’action politique en négligeant l’action citoyenne. En somme Jean-Louis Sanchez nous incite à bâtir un nouveau contrat social : celui de mettre la liberté et l’égalité au service de la fraternité. Et c’est chose possible, car quand tout vole en éclat, cette exigence ne répond pas à une quête d’excellence, mais bien à une quête de survie.

A un moment où se construisent les programmes des prochaines élections européennes et municipales, ces propositions, qui traversent toutes les dimensions de la vie en société (intergénérationnelles et inter-culturelles, éducatives, sociales et éthiques), pourraient fort utilement redonner un cap à une action politique décriée faute de sens.

Extraits de la préface de Jean-Paul Delevoye
(Haut-Commissaire aux retraites, ancien président de l’Association des maires de France, ancien médiateur de la République, ancien président du Conseil économique, social et environnemental, ancien ministre de l’Aménagement du territoire)

« L’auteur pose la fraternité comme le défi du XXIe siècle, parce qu’il conjugue altérité et intériorité. Mais il parle surtout d’un projet politique qui incite les décideurs à offrir à chacun des citoyens la possibilité d’être acteur pour faire vivre un idéal de société ».

« C’est le premier postulat de ce livre : faire que toutes nos forces éducatives et sociales éveillent les consciences, inoculent le désir d’apprendre, développent le sens critique et le recul, et surtout favorisent l’estime de soi, la connaissance de l’autre et l’enrichissement par la différence. »

« Le second postulat invite à la nécessité d’une meilleure alliance entre les forces régulatrices de l’État et le local, (…) plus apte éveiller la fraternité. C’est en effet au plus près des habitants, et donc avec le concours des élus locaux et des associations, que l’on pourra offrir à chacun la possibilité d’être acteur au profit de la communion et de la cohésion collective. (…) Ce qui fait dire à l’auteur que la fraternité n’est pas une quête d’excellence mais une quête de survie. Car c’est bien pour sur-vivre que nos sociétés occidentales doivent cesser d’être trop performatives, pour que notre culture n’engendre plus le culte de la supériorité mais celui de la fraternité ».

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Action Apriles

Bibliothèque des livres vivants : quand les malades psychiques se livrent ( publié le 20-12-2018 )

Afin de lutter contre les nombreux préjugés, alimentés par des faits divers médiatiques, qui entourent la maladie mentale, l’association Espoir 54, qui soutient et accompagne des personnes en situation de handicap psychique sur le territoire lorrain, (...)

Afin de lutter contre les nombreux préjugés, alimentés par des faits divers médiatiques, qui entourent la maladie mentale, l’association Espoir 54, qui soutient et accompagne des personnes en situation de handicap psychique sur le territoire lorrain, a adapté et développé un outil de sensibilisation à la maladie psychique et à ses conséquences pour ceux qui en souffrent auprès du grand public : la bibliothèque des livres vivants. Une bibliothèque presque comme les autres, où les lecteurs viennent emprunter un livre pour une durée limitée, sauf qu’ici, le livre est une personne concernée par une des formes de la maladie, qui va raconter son parcours de vie, répondre aux questions de son lecteur et apprendre également de ses interrogations. Dans le dialogue qui s’instaure, non seulement les « livres » prennent la parole, mais le regard des « lecteurs » évolue lui aussi.

Une action expertisée par Apriles, l’Agence des pratiques et initiatives locales de l’Odas.

>>Lire la suite sur www.apriles.net

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Action Apriles

Accompagnement à la parentalité : des acteurs de l’enfance et du handicap jouent la complémentarité ( publié le 20-12-2018 )

Afin d’améliorer l’accueil, de plus en plus fréquent, de parents en situation de handicap psychique et intellectuel et de leur permettre de répondre au mieux aux besoins de leurs enfants, le centre parental de Migennes (Yonne) expérimente une (...)

Afin d’améliorer l’accueil, de plus en plus fréquent, de parents en situation de handicap psychique et intellectuel et de leur permettre de répondre au mieux aux besoins de leurs enfants, le centre parental de Migennes (Yonne) expérimente une démarche de décloisonnement entre professionnels de l’enfance et du handicap et a développé un outil favorisant l’implication des parents. D’une part, un travail de coordination entre les services de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et ceux de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) a été initié afin de permettre une prise en charge globale des familles. D’autre part, une mallette, à l’usage des professionnels et des parents a été conçue afin de mesurer et d’objectiver les habiletés parentales, tout en aidant ces derniers à les développer. Cette démarche permet aux professionnels de se recentrer sur leur mission et donne la possibilité aux familles de pouvoir préserver le lien parent-enfant, d’acquérir un degré d’autonomie suffisant et d’éviter ainsi un éventuel placement.

Une action expertisée par Apriles, l’Agence des pratiques et initiatives locales de l’Odas.

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Action Apriles

La légumerie : première pierre du projet alimentaire territorial du Grand Cahors ( publié le 20-12-2018 )

Afin d’améliorer la qualité de l’alimentation, de développer l’activité économique agricole pour redynamiser la vallée du Lot et de diminuer l’impact environnemental de la restauration collective, la légumerie centralisée du Grand Cahors approvisionne (...)

Afin d’améliorer la qualité de l’alimentation, de développer l’activité économique agricole pour redynamiser la vallée du Lot et de diminuer l’impact environnemental de la restauration collective, la légumerie centralisée du Grand Cahors approvisionne chaque jour les cuisines de près de 60 établissements en fruits et légumes locaux frais, prêts à cuisiner ou à consommer. Portée en lien étroit avec les producteurs locaux et la chambre d’agriculture, cette action pose la première pierre d’un projet de développement durable plus large : le Projet alimentaire territorial du Grand Cahors qui vise, par une stratégie globale concertée, à promouvoir un comportement alimentaire équilibré et une alimentation durable sur le territoire tout en revalorisant la filière maraîchère et les circuits-courts.

Une action expertisée par Apriles, l’Agence des pratiques et initiatives locales de l’Odas.

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