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Citoyenneté

Grand Débat national : la contribution de l’Odas ( publié le 08-04-2019 )

Alors que le Président de la République s’apprête à énoncer les propositions issues du Grand débat national, l’Odas souhaite attirer votre attention sur la contribution qu’il a envoyée dans le cadre de cette consultation. Vous y trouverez les (...)

Alors que le Président de la République s’apprête à énoncer les propositions issues du Grand débat national, l’Odas souhaite attirer votre attention sur la contribution qu’il a envoyée dans le cadre de cette consultation. Vous y trouverez les propositions faites au Gouvernement, dont deux d’entre elles en lien direct avec nos recherches-actions (diversifier les contributions éducatives, et redéfinir la place des personnes âgées dans la société). Et bien évidemment nous insistons sur le soutien à l’essaimage de la Journée citoyenne, que l’Odas porte depuis 2015. Cette implication de l’Odas a permis de passer de 49 communes organisatrices (principalement en Alsace) en 2014 à plus de 1500 en 2018, mobilisant 250 000 habitants dans toute la France.

>> Lire la contribution de l’Odas au Grand débat national

Pièces Jointes : ( cliquez pour télécharger )

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événement

12es Assises nationales de la protection de l’enfance - les 4 et 5 juillet 2019 à Marseille ( publié le 08-04-2019 )

Comme chaque année, l’Odas est le principal partenaire du Journal des acteurs sociaux dans l’organisation des désormais incontournables Assises nationales de la protection de l’enfance. Organisée les 4 et 5 juillet 2019 à Marseille, cette douzième (...)

Comme chaque année, l’Odas est le principal partenaire du Journal des acteurs sociaux dans l’organisation des désormais incontournables Assises nationales de la protection de l’enfance. Organisée les 4 et 5 juillet 2019 à Marseille, cette douzième édition aura pour thème : « #besoinderepères ».

Professionnels, institutions, enfants, familles : dans un contexte de plus en plus complexe, chacun, à sa place, a plus que jamais un besoin de repères.
Quels sont pour les uns et pour les autres les repères les plus impérieux à consolider, à construire (voire à déconstruire) ?
Du côté des enfants qui doivent être protégés : repères identitaires, affectifs, juridiques, repères du présent et de l’avenir...
Du côté des adultes qui doivent protéger : sens de l’action, cadre de réflexion et d’intervention, outils, référentiels, études d’impact...

Que recouvrent concrètement ces repères, qu’impliquent-ils ?
En quoi leur consolidation et leur convergence sont-elles déterminantes pour que les perspectives ouvertes par la loi du 14 mars 2016 s’avèrent réellement prometteuses pour les enfants concernés et porteuses de sens pour les professionnels ?... et que chacun retrouve de la confiance en son action.

>>Télécharger le programme

RENSEIGNEMENTS :
Maria Lillo
tél. : 01 53 10 24 10
Email : assises@lejas.com
Web : www.lejas.com - www.lebpe.fr

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Innovation

École : la Révolution Douce ( publié le 15-03-2019 )

De tout temps, l’école républicaine a eu le souci de développer le sens civique et l’esprit critique des enfants. Mais cette aspiration est aujourd’hui confrontée à de dures réalités issues de la détérioration du contexte économique et social, sans (...)

De tout temps, l’école républicaine a eu le souci de développer le sens civique et l’esprit critique des enfants. Mais cette aspiration est aujourd’hui confrontée à de dures réalités issues de la détérioration du contexte économique et social, sans omettre de mentionner l’évolution de la structure familiale. Les enseignants ne peuvent plus faire face seuls à la désocialisation des enfants, à la précarisation de certaines familles, à la perte des repères collectifs et sociaux. C’est pourquoi, depuis plusieurs années, on s’efforce de compléter l’enseignement d’activités éducatives aptes à transmettre les valeurs du bien commun. Mais si l’on veut aller encore plus loin pour faire de l’école un véritable laboratoire de l’engagement civique et du vivre ensemble, encore faut-il savoir en faire un espace de plus en plus ouvert sur son environnement. A l’image de plusieurs écoles innovantes, repérées et expertisées par Apriles, l’agence des pratiques et initiatives locales de l’Odas.

Retour aux fondamentaux

Malgré la brûlante nécessité d’adapter l’institution scolaire aux évolutions de la société, les réformes proposées suscitent souvent de fortes oppositions. Nombre de ministres s’y sont déjà cassé les dents. Mais contrairement aux idées caricaturales, les résistances pour défendre l’institution sont plus souvent initiées sur la question des moyens que sur celle des projets. Car un nombre croissant d’enseignants affichent leur conviction que l’école doit pouvoir davantage accompagner famille et enfant dans une société en proie au délitement du vivre ensemble.

C’est au fond un retour à la vocation première de l’école chargée d’offrir des repères. “La démocratie a le devoir d’éduquer l’enfance selon les principes mêmes qui assureront plus tard la liberté de l’homme”, considérait ainsi Jean-Jaurès. Le 21 octobre 1886, celui qui était alors tout jeune député, s’adressait aux parlementaires en ces termes pour préciser ce qui devait, selon lui, constituer l’objectif de l’école : “Embrassant la vie dans toute son ampleur, l’école doit ouvrir les voies de l’esprit et les voies de la conscience. Dégagée de tout objectif de formation professionnelle trop précoce, l’école doit apprendre à penser sa vie tout en vivant sa pensée dans une éducation qui débouche sur un vrai projet d’éducation tout au long de la vie”.

Des propos qui présentent aujourd’hui un intérêt encore plus concret à un moment où la culture de l’instantané tend à prendre de plus en plus souvent le pas sur l’essentiel, faute de savoir discerner le vrai du faux dans un volume insensé d’informations. Mais pour concrètement réussir cette école de la connaissance et des valeurs, encore faut-il savoir l’ouvrir sur les élus, les parents et, au-delà, les habitants.

Co-construire l’école avec les habitants

C’est fortes de cette conviction que de nombreuses écoles poursuivent aujourd’hui une révolution douce sur le terrain. Et ce grâce à leur ouverture sur leur territoire, à l’instar de l’école primaire et maternelle de Trébédan, village des Côtes-d’Armor de 420 habitants.

Ici, l’école du Blé en herbe n’est pas une institution refermée sur elle-même, bien au contraire. Elle est même parvenue à rassembler tous les acteurs sociaux locaux autour du projet de reconstruction de l’école pour s’en servir à cet effet. “Notre école a fait le lien entre les associations qui existaient, les anciens, le club de foot, l’amicale laïque…

Beaucoup sont venus participer à la définition du projet et aux aménagements”, témoigne un parent d’élève.

L’objectif porté par Nolwenn Guillou, directrice de l’établissement, était pour le moins ambitieux : parvenir à mobiliser les élèves autour des valeurs de coopération, de respect des autres et de l’environnement.

Et pour y parvenir, les institutrices de l’école maternelle et primaire ont choisi de faire de la rénovation de l’école une aventure humaine et un projet artistique à part entière, avec l’aide de la designer internationale

Matali Crasset. Du déménagement à la démolition, en passant par le chantier et le retour dans les nouveaux bâtiments, chacune de ces étapes a fait l’objet d’un travail pédagogique avec les élèves et leurs parents. À titre d’exemple, des artisans sont venus expliquer les méthodes de construction et le mobilier a été monté en commun.

Une fois le bâtiment réhabilité, la médiathèque est alors devenue celle du village. De même, l’ouverture de l’école au monde extérieur est matérialisée par la création de sculptures monumentales en bois, qui débordent de la cour de récréation sur la place centrale du bourg. Ici, on les appelle “les extensions de générosité”.

Cette première mobilisation réussie, chacun a alors souhaité poursuivre en multipliant les actions intergénérationnelles comme Lire et Faire lire par exemple. De même, on a fait le choix d’inviter les anciens à transmettre leurs connaissances aux enfants, en matière de jardinage ou de bricolage et à partager des moments festifs. Plus concrètement encore, écoliers et retraités ont réalisé ensemble un petit guide touristique présentant la commune et ses environs, mais aussi un film d’animation avec les anciens des communes alentour. “Chacun de nos projets repose sur une démarche de coconstruction associant tous les acteurs intéressés, insiste Nolwenn Guillou.

Notre école fonctionne finalement comme devrait fonctionner notre société, en mettant les gens en confiance et en choisissant toujours des projets valorisants pour chacun”. Depuis, l’état d’esprit et la dynamique développés par l’école ont trouvé un écho dans “La fabrique d’énergie citoyenne”, une association qui s’appuie sur le partage de compétences et la mise en synergie des différentes associations de la commune. Cette association a ouvert, aux portes de l’école, un café associatif qui propose ateliers et animations et dont le modèle essaime désormais auprès des communes voisines. La clef d’un tel succès selon Nolwenn Guillou ? “Toujours savoir rester humbles, bienveillants et surtout ouverts”, confie la directrice, qui s’attèle déjà à la préparation d’un prochain séminaire réalisé avec les élèves sur le changement climatique.

L’école de la confiance

“Faire tomber les murs de la forteresse école”. Tel est le choix que l’on a également fait en Seine-et-Marne, à l’école élémentaire Bel Air de Torcy. Un véritable défi pour cette école implantée dans le quartier de l’Arche-Guédon, quartier très défavorisé sur le plan social et économique, classé en politique de la ville. Quelque 600 logements sociaux entourent l’établissement qui n’est toutefois pas classé en zone prioritaire, même s’il en possède toutes les caractéristiques. Quand Yvan Nemo y prend ses fonctions de directeur au début des années 1990, il est tout de suite confronté à un important climat de violence : stress et agressivité des enfants entre eux et envers les adultes, mais également incivilités et violences envers l’école. Difficile à l’époque de concevoir la moindre kermesse sans que cela dégénère.

Ancien élève de Pierre Bourdieu et rompu aux principes de l’éducation populaire, Yvan Nemo décide alors d’insuffler au sein de son école une démarche pédagogique favorisant la curiosité et le goût d’apprendre. “Cette démarche ne pouvait se faire sans un climat de respect et de confiance, dans l’école et envers l’école”, souligne-t-il.
Enseignants, parents d’élèves, associations et habitants, tous décident alors de se retrousser les manches autour des enfants du quartier, sur le principe africain qu’“il faut tout un village pour élever un enfant”. Une association est créée, Arché, qui regroupe des professeurs, des animateurs de la MJC et des parents. Cette association anime désormais avec ses bénévoles un club informatique utilisant les moyens de l’école Bel-Air.

Un espace d’apprentissage et de partage ouvert à des jeunes qui n’y sont plus scolarisés mais qui ont été repérés pour leur envie d’apprendre. Un cercle vertueux ouvert sur une véritable dynamique de quartier.

Aujourd’hui, entre l’école élémentaire et l’école maternelle, siège une miniferme mise en place avec le soutien d’une autre association, Mafalda. On y trouve un enclos à chèvres, une volière, un clapier, un potager, un jardin botanique, un bassin et même une station météo… Tous ces équipements sont entretenus et exploités par les enfants. Ici aussi, les anciennes générations sont mises à contribution pour apporter aux plus jeunes leurs connaissances sur les animaux et les cultures. Les habitants se sont appropriés la mini-ferme, qui participe à l’identité du quartier. Et chaque matin du pain ou des épluchures sont déposés devant les grilles de l’école pour nourrir les animaux. Symboliquement, avec le soutien du centre de loisir Mafalda et de la Mairie, la kermesse de l’école est désormais organisée dans la rue devant l’établissement, devenu un espace partagé avec les habitants. De même, l’association d’aide au projet éducatif du Bel-Air (APeBa), qui réunit des habitants, mais aussi d’anciens élèves, se mobilise pour aménager et entretenir les infrastructures de la mini-ferme. Et la toute récente

Génération Bel-Air, née de l’envie d’anciens élèves aujourd’hui intégrés dans la vie professionnelle, leur permet d’apporter leur expérience au service des plus jeunes. “Plutôt que de trainer, on vient ici et quand on arrive au collège, on se rend compte qu’on a plus appris que les autres élèves, confie aujourd’hui un ancien élève de Bel

Air qui a choisi de réaliser un service civique au sein de l’association Arché.

S’il n’y avait pas eu tout ça, non seulement je ne préparerai pas un bac scientifique, mais je ne serai même plus à l’école. Alors c’est normal que je leur rende tout ce qu’ils m’ont donné”.

Pour Yvan Nemo, il n’y a pas de secret : l’école n’est pas qu’un lieu institutionnel de transmission du savoir, c’est avant tout un espace social.

L’excellence pour tous

Autre exemple de cette révolution douce avec l’école Olympe de Gouges, à Bondy. “Dès la construction de l’école, la municipalité a voulu qu’elle ne soit pas uniquement un lieu de l’éducation nationale mais plutôt un endroit ouvert à tous quel que soit son âge”, explique Yannick Saint- Aubert, directeur de l’école et conseiller municipal délégué à l’Éducation populaire.

Ici, la construction de l’école, conçue comme un espace éducatif ouvert à tous, est partie du constat d’une déficience de mixité sociale sur le territoire bondynois, le paysage de la ville étant marqué par de fortes disparités.

Conscient d’une fracture urbaine entre le sud et le nord de Bondy, séparés par le canal de l’Ourcq, les services Enseignement et Culture de la mairie ont donc souhaité rééquilibrer les dynamiques culturelles sur le territoire via la création d’un lieu éducatif ouvert, attractif et innovant dans un quartier perçu comme défavorisé du nord de la ville. L’ambition de la municipalité était triple : développer un établissement scolaire investi aussi bien par les enfants que par les adultes, travailler à la porosité entre l’école et son quartier et favoriser l’accès de proximité à l’excellence pour tous. C’est ainsi sur la base d’une volonté politique forte qu’a été construite l’école Olympe de Gouges en 2007. Il a été en particulier décidé que cet établissement ne resterait pas cantonné aux activités scolaires habituellement destinées aux enfants, mais qu’il s’ouvrirait sur un public traditionnellement jugé “hors champ de adultes. En pratique, l’école a donc été segmentée en deux parties : le premier étage est réservé aux tâches scolaires tandis que le rez-de-chaussée accueille les ateliers. Depuis son ouverture, un espace multimédia propose à tous les habitants un accès libre et gratuit aux ordinateurs, tous les jours sauf le mercredi et le dimanche. Des formations en informatique sont également dispensées quasi quotidiennement par des animateurs de la mairie.

Suivant la logique de décloisonnement du nord de la ville, le conservatoire municipal de musique, initialement implanté au sud de Bondy, déploie une antenne dans l’école où des cours pour adultes sont dispensés. Un partenariat a encore été initié avec l’Association Sportive de Bondy pour y organiser des cours de yoga hebdomadaires.

Mais si les activités sont variées, elles gardent cependant une nécessaire cohérence entre elles : toutes sont investies par une même notion commune, celle de l’excellence. Car l’idée est bien de garder présent à l’esprit que l’excellence doit être accessible à tous et non pas être réservée à l’élite de certains quartiers.

Aujourd’hui, de nombreuses associations sont accueillies à l’école Olympe de Gouges, à l’instar de l’AFJO (Association Famille Jeunesse d’Olympe), du réseau Éducation Sans Frontières ou encore de l’association les Amis de l’Afrique. Cette présence associative dans l’enceinte des bâtiments scolaires contribue directement à renforcer l’identité citoyenne de l’école pour qu’elle devienne un espace social repéré par tous les Bondynois. Résultat, le pôle d’activités d’Olympe de Gouges est désormais investi par des habitants issus de tous les quartiers qui se sont approprié le lieu. Et tandis qu’auparavant, ceux vivant dans des quartiers plus favorisés exprimaient leurs inquiétudes quant à l’insécurité régnant alors dans le quartier Olympe de Gouges, les démarches initiées par l’école ont permis de faire évoluer leur perception en leur démontrant que les espaces publics du nord de la ville ne correspondaient plus à leurs appréhensions.

Une révolution tranquille se prépare

C’est encouragé par ces signes d’ouverture que l’Odas a décidé de lancer en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale, la Ligue de l’enseignement et dix départements une recherche-action pour analyser les conditions aptes à favoriser cette ouverture de l’école sur son environnement.

Et pour préparer cette dynamique, un travail de préfiguration a été lancé avec la ville d’Orly (voir encadré) pour recenser tout ce qui peut oeuvrer à un projet éducatif dans une ville. Car au-delà du souci de donner une nouvelle impulsion à l’école, il est évident que la grande question que se posent les élus locaux est celle du défaut de coopération entre les divers acteurs locaux avec de graves répercussions sur le soutien à l’enfance et à la famille.

Selon Didier Lesueur, directeur général de l’Odas, “la démarche sera étalée sur trois ans avec une première étape consacrée à l’établissement d’un diagnostic des besoins et ressources éducatifs des territoires retenus pour l’expérimentation.

Cette connaissance permettra de mettre en synergie tous les acteurs concernés dès le lancement de la dynamique. Il sera alors plus facile d’associer enseignants, bénévoles, habitants, élus et autres professionnels du travail social à la recherche des diverses actions aptes à optimiser le rôle éducatif de l’école. Car l’école est aujourd’hui l’un des rares espaces où se côtoie encore la population dans sa diversité mais aussi dans un même désir de se préoccuper de l’avenir de nos enfants”.

Preuve que, lorsqu’elle le souhaite, l’école sait aujourd’hui “ouvrir les voies de l’esprit et les voies de la conscience”, comme en rêvait Jean-Jaurès. ■

À Orly (23 500 habitants, Val-de-Marne), l’ouverture de l’école vers l’extérieur résulte d’une volonté municipale forte impulsée par Christine Janodet, maire de la ville. Raison pour laquelle la ville a sollicité l’Odas pour y mener une recherche-action. Car la municipalité a choisi d’orienter son projet éducatif à destination des 0-25 ans, bien au-delà de l’enceinte de ses écoles. Cette même volonté d’ouverture et de coopération avec les partenaires extérieurs guide les actions en faveur des plus jeunes. Trois exemples concrets en témoignent. Le premier résulte du développement des “cafés-parents”, instances destinées à favoriser le dialogue naturel entre les parents d’élèves et le corps enseignant. Un moyen surtout de cerner au mieux les attentes et les besoins des familles en dehors du cadre strictement institutionnel des établissements scolaires.

Le second réside dans la mise en place de maisons de l’enfance, instances municipales, dont la vocation est d’animer des “ateliers scientifiques” accompagnés par les professeurs sur le temps scolaire. Une façon efficace d’envisager l’école “hors les murs” qui met à profit les indispensables synergies existant entre le corps enseignant, l’équipe d’animation municipale et les élèves.

Plus original encore, c’est avec l’institution policière que collaborent depuis quelques années les écoles de la ville. Un brigadier-chef y assure régulièrement, dès le CE1, des interventions axées sur la protection de l’enfance, mais également sur le thème des violences faites aux femmes. Une manière d’aider indirectement les familles en impulsant une démarche de prévention et de protection de l’enfance à l’attention d’un public particulièrement sensibilisé à ces questions.

QUESTIONS À CHRISTINE JANODET, MAIRE D’ORLY

Le Jas : Votre commune s’est engagée dans une démarche d’ouverture de ses écoles vers l’extérieur. Quelles sont selon vous les clefs de cette réussite ?

Christine Janodet : Notre commune s’est engagée au départ dans une réflexion sur “comment être une ville bienveillante à l’égard des familles et des enfants en difficulté”. Le Centre communal d’action sociale de la ville d’Orly fait le constat que malgré des actions et acteurs nombreux sur le territoire communal, il y a un défaut d’information et de maillage vers les dispositifs pertinents et profitables à des familles en difficulté ; par ailleurs les mécanismes de réactions face à une situation difficile d’un enfant divergent. Ainsi, une famille, selon l’interlocuteur ou l’institution qui la reçoit en premier, ne sera pas égale devant l’accès au service, aux droits et à une amélioration de sa prise en charge. Les clefs de réussite de notre démarche sont donc le décloisonnement des institutions, le travail en transversalité ainsi qu’une volonté politique forte dans l’intérêt des enfants et des familles.

Le Jas : En quoi les maires ont-ils selon vous un rôle particulier à jouer pour favoriser l’ouverture de l’école vers l’extérieur ?

C.J. : Les maires sont les premiers interlocuteurs des habitants. Ils ont un rôle de coordination locale et sont les seuls interlocuteurs légitimes pour mettre en œuvre les conditions favorables pour la réussite d’une telle politique transversale qui doit associer, sur le territoire communal, les habitants, les services municipaux, départementaux, l’éducation nationale, les associations locales, les services de santé.

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Innovation - Autonomie

Appel à contributions - Habitat inclusif ( publié le 08-03-2019 )

L’Odas sollicite vos contributions afin de recenser les initiatives portées par vos services ou ceux de vos partenaires, en matière d’habitat inclusif à destination des personnes âgées et des personnes en situation de handicap.
Cet appel à contribution (...)

L’Odas sollicite vos contributions afin de recenser les initiatives portées par vos services ou ceux de vos partenaires, en matière d’habitat inclusif à destination des personnes âgées et des personnes en situation de handicap.

Cet appel à contribution s’inscrit dans le cadre de la convention signée entre l’Odas et la CNSA et des travaux de l’Observatoire national de l’habitat inclusif, afin d’identifier la diversité des solutions sur les territoires et de les mettre à disposition de l’ensemble des acteurs concernés par l’habitat inclusif. Plusieurs initiatives parmi celles que vous aurez ainsi portées à notre connaissance, seront sélectionnées pour être étudiées de façon plus approfondie dans un second temps. Les résultats de ces investigations seront ensuite diffusés sur la plateforme en cours de création de l’Odas, le Laboratoire de l’Autonomie, dont l’objectif sera de favoriser la reproductivité et l’essaimage de projets et de contribuer à la généralisation d’une culture commune de l’inclusion.
Ce recensement et cette analyse de projets seront réalisés en relation étroite avec les membres du comité de pilotage (ODAS, CNSA, des membres de l’Observatoire national de l’habitat inclusif, personnalités qualifiées, etc.).

Merci de bien vouloir compléter et retournerle formulaire pour le 29 mars au plus tard à l’adresse suivante : estelle.camus@odas.net

>>Télécharger le formulaire

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Insertion

« Mobilisation et innovation : les Départements au cœur des politiques de retour à l’emploi » ( publié le 08-03-2019 )

Le récent rapport de l’ADF « Mobilisation et innovation : les Départements au cœur des politiques de retour à l’emploi » dresse un tableau général de la situation de l’emploi et valorise une variété de pratiques départementales, en matière d’insertion (...)

Le récent rapport de l’ADF « Mobilisation et innovation : les Départements au cœur des politiques de retour à l’emploi » dresse un tableau général de la situation de l’emploi et valorise une variété de pratiques départementales, en matière d’insertion sociale et professionnelle et de retour à l’emploi. Il présente notamment un recensement des pratiques locales, résultat d’une commande de l’ADF passée à l’ODAS, dans le cadre de la convention qui les lie.

Présenté par Frédéric Berry, Président du Bas-Rhin et Président de la Commission Solidarité et Affaires sociales, ce rapport a fait l’objet d’un important travail de consultation, complété d’auditions de partenaires de l’ADF.

« Le rapport dresse un tableau général de la situation de l’emploi, avec un accent particulier mis sur l’accompagnement des publics les plus vulnérables : bénéficiaires du RSA, jeunes, personnes en situation de handicap, séniors, qui sont provisoirement ou durablement éloignés de l’emploi », souligne l’ADF.

Parmi les pistes développées visant à permettre d’optimiser le retour à l’emploi des personnes vulnérables et permettre de mettre en place des actions concrètes l’ADF cite les suivantes :

  • « Partir des bassins de vie, en réalisant par exemple un diagnostic du potentiel d’emploi à partir des réalités locales ou en mettant en place à l’échelle de chaque Département un observatoire des métiers (métiers sous tension, métiers émergents) et une stratégie prévisionnelle des emplois et des compétences qui prenne en compte l’arrivée de nouvelles entreprises » ;
  • « Donner une place centrale aux entreprises, « pas d’emploi sans employeur », avec un préalable nécessaire : l’analyse des besoins des entreprises et des acteurs publics » ;
  • « Soutenir les publics fragiles et donner une chance à chacun de révéler et d’exprimer ses talents (une approche par compétence et par appétence, plutôt que par diplôme), à travers notamment un changement de regard sur les filières techniques, un développement des passerelles, une préférence à l’apprentissage et à la formation en alternance, etc. » ;

« Pour créer un contexte économique favorable aux entreprises et pour une reprise forte de la croissance économique et de l’emploi, une simplification du paysage institutionnel et règlementaire sera nécessaire, avec une coordination des trois temps : celui de l’entreprise, de la formation et du recrutement », ajoute l’assemblée des départements de France.

Une liste évolutive d’initiatives départementales en matière d’insertion sociale et professionnelle et de retour à l’emploi est présentée en fin de rapport. Ce recensement de « pratiques locales vertueuses » est le résultat d’une demande de l’ADF passée à l’ODAS qui avait donné lieu à la publication « Solidarité et innovation sociale – Recueil d’initiatives proposées par les départements ». Ce recueil recense les expériences signalées par les départements dans différents champs (insertion, autonomie, protection de l’enfance, logement et hébergement, orientations transversales), qui ont été considérées comme novatrices par l’Odas sans engager pour autant sa responsabilité de l’observatoire en matière d’évaluation. En effet, les fiches présentes dans cet ouvrage ont été rédigées par les professionnels des collectivités concernées et la remontée d’informations n’est pas en l’état suffisant pour mesurer la portée de ces initiatives.

Dispositif Boost Emploi en Corrèze, parrainage vers et dans l’emploi en Gironde, extension des clauses sociales d’insertion dans le Lot, engagement bénévole des bénéficiaires du RSA dans le Bas-Rhin via le dispositif « C’est des Volontaires 67 », Numéric’Action en Seine-Maritime en faveur de l’accès aux droits…, dans le champo de l’insertion les exemples sont nombreux et illustrent la capacité des Départements à innover.

« Ce rapport vient en complément des travaux relatifs à la préparation du volet « insertion » de la contractualisation avec les Départements pour prévenir et lutter contre la pauvreté. Impliquant pas moins de 46 Départements ainsi que des professionnels de terrain et des personnes concernées, ce rapport a été remis le 19 février par Frédéric Bierry à Muriel Pénicaud, ministre du Travail et Christelle Dubos, secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, en présence de Dominique Bussereau, Président de l’ADF », précise l’ADF.

>>Télécharger le rapport de l’ADF « Mobilisation et innovation : les Départements au cœur des politiques de retour à l’emploi »

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Evénement

150 élu.e.s du Haut Rhin échangent leurs pratiques autour de la Journée Citoyenne 2019 ( publié le 27-02-2019 )

Initiatives nouvelles, échange de pratiques, débats… Samedi 26 janvier, 150 personnes, principalement élu.e.s communaux, participaient à Battenheim à une réunion autour de la Journée citoyenne organisée par l’Association des Maires du Haut-Rhin, en (...)

Initiatives nouvelles, échange de pratiques, débats… Samedi 26 janvier, 150 personnes, principalement élu.e.s communaux, participaient à Battenheim à une réunion autour de la Journée citoyenne organisée par l’Association des Maires du Haut-Rhin, en partenariat avec l’Odas.

Suite à un bref mot d’accueil par Maurice Guth (Maire de Battenheim) et Christian Klinger (Président de l’Association des Maires du Haut-Rhin), Fabian Jordan, le président de Mulhouse agglomération et pionnier de la Journée Citoyenne, a pris la parole pour présenter la Journée Citoyenne et son histoire, soulignant l’importance de mettre les habitants en relation entre eux et de les faire passer de consommateurs des services publics à acteurs de leur cité, éléments précurseurs pour aviver l’engagement citoyen toute l’année.

Didier Lesueur, directeur général de l’Odas (l’Observatoire national de l’action sociale est en charge de l’essaimage de la Journée citoyenne et du pilotage du réseau Journée citoyenne), a quant à lui insisté sur les impacts de la Journée citoyenne sur la cohésion sociale et l’importance de cette action face au défis d’aujourd’hui. En effet, les travaux menés par l’Odas depuis trente ans mettent en lumière les effets délétères de la fragilité des liens sociaux (qui entraine l’isolement, le repli sur soi, la défiance) et de la dilution des repères (manque de reconnaissance et d’utilité sociale, effacement des valeurs républicaines, perte de sens du projet de société). L’Odas souligne par ailleurs le rôle fondamental que tiennent les maires et conseillers municipaux pour soutenir les initiatives citoyennes en faveur du vivre ensemble. La Journée citoyenne en est une illustration exemplaire puisqu’elle permet de mobiliser toute la population, quelque soit l’âge, l’origine, la situation sociale…, et de mettre en synergie tous les acteurs du territoire (collectivités, entreprises, associations…) en créant les conditions de leur coopération, de la construction à la finalisation du projet. Elle illustre ainsi à la fois la disponibilité des citoyens, une manière concrète de faire société et une voie pour redonner confiance dans l’action publique grâce à cette forte dimension participative.

« Cela fait maintenant 11 ans que l’Odas a expertisé la Journée Citoyenne et soutient son essaimage dans toute la France. » -Didier Lesueur, Directeur général de l’Odas


Dans le Haut-Rhin, les élus partagent cette même conviction. C’est qui explique que plus de 80% des communes du département organisent leur Journée Citoyenne, en faisant le département français avec la plus importante participation à cette célébration du vivre-ensemble et des liens entre habitants.


Le département est par ailleurs très attentif à cette démarche et cherche à la soutenir concrètement en s’engageant sur le prolongement de la Journée Citoyenne dans les collèges et les EHPAD. Brigitte Klinkert (Présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin) a rappelé que « le département promeut la citoyenneté à tous les âges de la vie. ». Ainsi, après le seul collège d’Illfurth en 2017, ils étaient six collèges à organiser la Journée citoyenne en 2018, alors qu’ils sont treize à s’être engagés pour 2019. L’objectif étant de généraliser progressivement à tous les collèges du département en partenariat avec le service départemental d’incendie et de secours afin de, peut-être, susciter de nouvelles vocations. Même chose au sein des Ehpad qui rejoignent peu à peu le mouvement en organisant des Semaines citoyennes. Et là aussi, on observe les effets sur le bénévolat puisque ces actions visant à mobiliser la population permettent de favoriser un engagement bénévole toute l’année.

Cette réunion a également permis aux participants de se poser des questions, d’échanger leurs expériences, de chercher à aider ceux qui souhaitent s’engager pour la prochaine Journée Citoyenne dont la date officielle pour 2019 a été fixée le samedi 25 mai. Les conversations entre participants ont ainsi notamment porté sur les mécanismes à mettre en place pour impulser la participation des jeunes et favoriser le concours de personnes en situation de handicap (sous une approche inclusive qui se veut prudente afin de ne pas stigmatiser) ou sur la viabilité d’ateliers spécifiques. Également au cœur des échanges : comment impliquer les habitants. Sur ce point, Sylvain Vernerey, le directeur de la Cité du Train qui organisait la première journée citoyenne au sein de son musée, a mis le doigt sur l’importance des réseaux sociaux. En effet, alimentés toute la journée le jour-J, ceux-ci ont permis de mobiliser de nouveaux participants jusqu’au dernier moment.

Responsables et élus ont ainsi affirmés l’importance de leur rôle d’animation et d’accompagnement des initiatives citoyennes pour mener à bien la Journée citoyenne. Une philosophie bien résumée par Christian Klinger (Maire de Houssen, Président de l’Association des Maires du Haut-Rhin) : « Les acteurs locaux apportent le sable et l’eau ; les élus apportent le ciment. »

La réunion des maires du Haut-Rhin pour bien préparer la prochaine Journée citoyenne.

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Evénement

Les Enseignements des Assises de l’Autonomie ( publié le 27-02-2019 )

Dorénavant la France doit assumer un nouveau défi : celui de la transition démographique. Celui-ci nous offre, comme pour la transition écologique, des opportunités de repenser la manière dont nous faisons société. Mais, en attendant, il faut s’attacher (...)

Dorénavant la France doit assumer un nouveau défi : celui de la transition démographique. Celui-ci nous offre, comme pour la transition écologique, des opportunités de repenser la manière dont nous faisons société. Mais, en attendant, il faut s’attacher à réformer notre système national d’accompagnement et de financement de la perte d’autonomie qui est à bout de souffle. C’est pourquoi, afin d’apporter une contribution au débat public et citoyen sur la prise en charge du vieillissement, lancé par la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, en septembre dernier, le conseil départemental de la Meurthe-et-Moselle, en partenariat avec l’Observatoire national de l’action sociale (Odas) et Le Journal des Acteurs Sociaux (Le Jas), a organisé le 6 février 2019 des assises sur la perte d’autonomie.





En effet, en établissement, le reste à charge des Français est l’un des plus élevés en Europe. Les services d’aide à domicile sont confrontés à des difficultés économiques qui mettent en péril leur équilibre financier. L’ensemble des métiers de l’autonomie souffre d’une insuffisante valorisation qui pèse sur les recrutements, génère de l’absentéisme dont les conséquences en termes de qualité de l’offre de soin sont inquiétantes. Enfin, les départements font face à des difficultés structurelles liées au financement des allocations individuelles de solidarité, dont l’APA.

Impliquant non seulement les professionnels du Département mais aussi plusieurs centaines de citoyens, les assises sur la perte d’autonomie de Meurthe et Moselle ont abordé trois thématiques clés pour appréhender l’essentiel des problématiques du vieillissement et du grand âge :

● L’affirmation de la fonction sociale des personnes âgées.
● La gouvernance et le financement de l’autonomie.
● L’adaptation territoriale de la réponse publique du soutien à l’autonomie.

Ces assises ont été précédées du lancement d’une enquête auprès des habitants de Meurthe-et-Moselle sur la perception qu’ils ont de l’avenir de cette problématique. Elles ont permis de dégager différentes orientations émanant des “fabriques”, ateliers thématiques organisés avec les citoyens comme de l’exécutif départemental et de son président, Mathieu Klein.


 Les enseignements de l’enquête auprès des habitants

Question ouverte : revaloriser le rôle des personnes âgées dans une société en quête de sens :

  • Renforcer et vitaliser le lien social, intergénérationnel en particulier, notamment dans le cadre du bénévolat.
  • Comme pour les personnes handicapées, moduler les aides à apporter en fonction d’un projet de vie de la personne âgée.
  • Soutenir les aidants familiaux et reconnaître leur investissement en leur proposant des parcours de formation, un droit à congés étendu pour s’occuper d’un tiers, la reconnaissance des compétences acquises, des gratifications.

Question ouverte : définir de nouvelles sources de financement et de nouveaux modes de gouvernance :

  • Plus qu’une aversion pour tout impôt supplémentaire, une crainte s’exprime que les recettes levées soient finalement utilisées à d’autres fins, en fonction des urgences budgétaires.
  • Il faut enfin créer le 5e risque, même si beaucoup pensent que cela ne suffira pas à relever le défi du financement.
  • Le principe de l’assurance individuelle fait débat et c’est souvent un oui mais sous conditions. Un continuum de positions s’exprime allant de “C’est aux gens de se prendre en charge” à “Cette assurance individuelle doit être obligatoire” en passant par des mesures incitatives de type crédits d’impôts.


 Synthèse des travaux des “Fabriques”

À l’heure où la nécessité d’une meilleure participation des habitants aux décisions les concernant s’exprime partout, les assises de Meurthe-et-Moselle ont montré l’exemple. Plusieurs semaines avant la tenue des assises, des réunions ont pu être organisées avec la population. Et lors de la rencontre le 6 février, quatre ateliers, intitulés “fabriques”, réunissaient plusieurs centaines d’habitants mêlés aux professionnels, venus de tous les coins du département pour enrichir le débat. Ce sont les conclusions de ces fabriques qui sont présentées ici.

Fabrique n° 1 : la place des personnes âgées dans la société

Il n’est pas anodin que cette fabrique soit la première, car il ne s’agit pas là de questions de financement et de tuyauteries, mais de valeurs, de sens, et d’espérance. Et effectivement les interventions des participants ont montré l’importance de changer de regard sur le rôle des personnes âgées dans la société. Elles doivent être perçues comme porteuses de savoir-faire auprès des jeunes. Par exemple, un artisan, même quand il a cessé son activité professionnelle, peut apporter une plus-value considérable dans l’éducation des enfants. Et cela ne peut se développer qu’à travers l’extension considérable du bénévolat, qu’il faut réinventer dans notre pays. C’est en effet une condition sine qua non pour que les personnes âgées puissent choisir un type d’intervention utile mais aussi conforme à leurs aspirations. Comme cela a été indiqué par plusieurs intervenants, il va donc falloir établir au niveau des territoires communaux voire infra-communaux, des diagnostics des attentes et des activités susceptibles de les faire participer (culture, sports, périscolaire, insertion, parrainage, protection de l’enfance…). Il sera ainsi possible de bien organiser la participation des personnes âgées à l’épanouissement de la société – ce qui est une formulation bien meilleure que le terme d’inclusion !

Fabrique n° 2 : l’adaptation de l’offre de services

Cet atelier a été suivi par un nombre importants de participants, qui ont insisté sur la nécessité d’améliorer les conditions de travail des personnels des Ehpad mais aussi des services à la personne, afin de rendre ces métiers beaucoup plus attractifs. Mais surtout le débat a été très orienté sur une question plus politique : ne souffre-t-on pas dans notre pays d’un déficit en matière de prévention ?
Car la grande majorité des participants semblent de plus en plus sensibles à l’établissement d’un meilleur équilibre entre réparation et prévention. Il a même été dit, avec force, qu’il fallait inventer de nouvelles réponses et de nouveaux métiers, pour accroître la palette des solutions intermédiaires entre le domicile et l’Ehpad. Cette voie dynamique existe déjà mais elle doit être considérablement amplifiée et de façon beaucoup plus innovante. On pourrait davantage s’inspirer de modèles étrangers.

Enfin, après avoir constaté que l’Ehpad est en train de devenir une maison non plus de retraite mais de fin de vie, les participants ont insisté sur le maintien d’une très grande humanité. Et cela doit se construire non seulement dans leur conception architecturale mais aussi dans leur implantation en privilégiant les cœurs des villes, pour maintenir auprès des résidents, souvent très fragilisés psychologiquement, le goût de la vie sociale.

Fabrique n° 3 : le financement du soutien à l’autonomie

La troisième Fabrique portait sur le financement.

Les participants ont insisté sur la nécessité de financements lisibles, sanctuarisés, avec une égalité de traitement sur tout le territoire. Ce qui aboutit à la demande d’un cinquième risque. En revanche, les participants refusent dans l’ensemble le principe d’une nouvelle “journée de solidarité” payée par les actifs. Enfin, le recours aux assurances privées ne peut être qu’une ressource complémentaire. On peut en accepter le principe mais à condition que ce recours soit encadré par l’état et les départements. De même un appel à la vigilance a été lancé concernant les “emprunts viagers”, qui selon les participants ne sont pas suffisamment contrôlés. Enfin, certains ont rappelé l’importance d’une tarification davantage dictée par la réalité des besoins que par la mise en œuvre de normes bureaucratiques qui caractérise souvent les relations entre les établissements et les financeurs.

Fabrique n° 4 : la citoyenneté des personnes âgées

Ce thème a suscité un très fort engouement car il correspond à une attente fortement ressentie, comme l’a montré par ailleurs le débat du premier atelier. Il est essentiel de briser aujourd’hui le regard négatif que nous avons en France sur la vieillesse et y voir quelque chose d’immensément précieux. Vieillir c’est grandir. Nous devrions être heureux d’avoir une multitude de gens qui peuvent apporter quelque chose d’important au dynamisme économique, social, de notre pays.

Les participants l’ont dit très clairement : que ce soit dans le monde rural ou dans la ville, la citoyenneté doit être élargie pour les personnes âgées, par la reconnaissance de leurs savoir-faire. Il faut cesser de considérer que l’on doit vivre différemment parce qu’on est vieux, mais au contraire continuer à vivre comme tous les autres. Et il faut reconnaître que les personnes âgées sont bien plus aptes que ce que l’on croit généralement à utiliser les nouveaux outils informatiques pour s’intégrer dans des réseaux sociaux. Sur ce terrain, une demande très concrète est adressée au conseil départemental : œuvrer pour une meilleure formation des personnes âgées aux registres nouveaux du numérique. Enfin, il est souhaitable de rendre beaucoup plus visible pour les personnes âgées l’accès aux diverses possibilités leur permettant d’être bénévoles, et inversement, de mieux faire découvrir par tous leurs compétences et leur expérience. Car un grand déficit d’information et de mobilisation des personnes âgées reste à combler, contrairement aux idées reçues. Il faudrait donc créer dans chaque commune une dynamique d’information pour inciter les personnes âgées à s’engager et à mieux connaître les opportunités où elles pourraient être utiles.


 Les préconisations de Mathieu Klein, Président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle

1.Affirmer le rôle social des personnes âgées

Il convient en premier lieu d’agir à un niveau culturel et de changer de regard sur la personne âgée. Nous devons prendre conscience de toutes les stigmatisations de l’âge présentes dans notre langage, dans nos attitudes ou pratiques quotidiennes qui alimentent une vision déficitaire de la vieillesse. Ce cloisonnement générationnel nous prive d’un atout considérable tant pour le développement des liens sociaux que pour le développement économique de notre pays. Celui-ci a bien du mal à attribuer aux personnes âgées un rôle déterminant dans la production de richesses malgré les perspectives offertes par la silver économie. Or ils sont nombreux à pouvoir davantage être mobilisés sur les terrains économiques, éducatifs et sociaux. Autrement dit, la définition d’un rôle moteur des personnes âgées dans leur territoire de vie servirait non seulement leur intérêt en favorisant le “ bien vieillir”, mais également celui de toute la société, comme facteur de croissance et de cohésion sociale.

Il s’agit bien plus fondamentalement de repenser le rôle citoyen, éducatif et économique des retraités et personnes âgées dans leur environnement ; les personnes âgées ont davantage besoin d’aider que d’être aidées, et ce d’autant plus que le premier facteur de prévention de la perte d’autonomie est l’inscription de la personne âgée dans un réseau d’interactions sociales. L’engagement citoyen offre de ce point de vue de nombreuses opportunités d’implication et d’utilité sociale (exemple de la protection de l’enfance).

C’est pourquoi, et comme le recommandent les groupes de travail préparatoires aux Assises, il faudra identifier tout ce qui, dans un territoire déterminé, peut contribuer à généraliser des dynamiques d’inclusion de toutes les personnes âgées. Il faudra aussi mettre en valeur toutes les démarches et services aptes à mobiliser les personnes âgées dans des dynamiques solidaires et intergénérationnelles et engager une réflexion sur les nouvelles fonctions ou nouveaux métiers appelés par les nouveaux besoins que ces diagnostics feront émerger.

2. Développer une offre de service plus Inclusive

En matière d’organisation de la réponse publique au vieillissement, il est impératif de rompre avec le cloisonnement entre la protection sociale, le sanitaire et le domicile. Il faut construire des projets territorialisés coordonnant et optimisant les ressources dans le souci des parcours des personnes. La contractualisation et la co-construction doivent être les leviers méthodologiques de ces démarches dont l’impulsion et la coordination devront relever des Départements en lien avec les Agences régionales de santé.

Le contexte est ainsi marqué par une évolution de la demande sociale et notamment celle des aînés. Les personnes âgées d’aujourd’hui aspirent à des services plus individualisés tenant compte de leur mode et de leur rythme de vie là où la génération précédente se satisfaisait d’une aide publique ou marchande standardisée.

À l’instar du conseil départemental qui s’est engagé dans la réalisation d’un programme de six résidences accompagnées, de nombreuses communes se sont mobilisées pour s’adapter au vieillissement de leur population et proposer des modes d’habitat innovants. Il faut essaimer leurs bonnes pratiques, accompagner les collectivités volontaires et développer l’appui aux communes mais aussi aux opérateurs de l’habitat qui s’engagent dans cette ambition fraternelle. Peut-être même faudrait-il être plus incitatif à l’égard des collectivités qui resteraient en retrait.

Le nouvel écosystème médico-social d’accompagnement du vieillissement devra avoir la volonté de remettre la personne au cœur de ses dispositifs. L’usager ne doit pas être la variable d’ajustement de la complexité et des contraintes des organisations. C’est aux organisations d’adapter leurs fonctionnements aux besoins des personnes. C’est l’état d’esprit qui anime la Meurthe-et-Moselle pour laquelle la proximité est un principe d’action comme en témoignent ses services territorialisés de l’autonomie qui accueillent annuellement plus de 30000 usagers ainsi que le déploiement des 17 Maisons départementales des Solidarités et 77 points contact dans un contexte de désengagement général des services publics.

Le projet territorial multi partenarial devra organiser, demain, des collaborations décloisonnées articulant de manière efficace et efficiente les multiples leviers de l’action publique au service de parcours fluides, quel que soit le niveau d’autonomie de la personne. Dans ce cadre, les Ehpad pourraient aussi devenir le pivot de la télémédecine aussi bien pour leurs résidants que pour les autres habitants du territoire, contribuant ainsi à la lutte contre les déserts médicaux.

Concomitamment, l’Etat et les collectivités locales pourraient accompagner les dynamiques territoriales en engageant des programmes d’investissement ou en soutenant l’innovation qui, sur le modèle des “living labs et des start-ups” contribueront à faire émerger des solutions alternatives à l’Ehpad : domotique, électroménagers connectés, mobilité inclusive… C’est, en Meurthe-et-Moselle, l’ambition de l’association Innov’Autonomie.

3. Clarifier les responsabilités

S’agissant des principes qui nous animent en matière de gouvernance et de financement, la réforme “autonomie grand âge” devra s’attacher à mettre fin aux inégalités territoriales. Il ne faut plus que dans un Département aux faibles ressources, le contribuable départemental finance davantage une prestation relevant de la solidarité nationale que dans un Département aux ressources élevées. Dans ce domaine, il faut rappeler que la prise en charge de l’Apa reposait à l’origine sur une parité état – Département. Elle s’est progressivement dégradée pour parvenir à une répartition 30% – 70 % au détriment des conseils départementaux avec des restes à charge de plus en plus lourds pénalisant les marges de manœuvre de ces derniers. L’état doit être le garant du financement de la perte d’autonomie et les Départements doivent rester responsables des solidarités de proximité, de l’aide et de l’accompagnement des personnes en coopération étroite avec les communes et les acteurs du secteur.

Dans cette perspective, le rôle de chef-de-file des Départements doit être réaffirmé en coopération avec le bloc communal et les CCAS / CIAS, parce que les collectivités locales sont fortes des valeurs ajoutées de la décentralisation : l’approche fine des territoires, le maillage des acteurs publics, l’activation des réseaux associatifs et citoyens, la connaissance des besoins des populations…

4. Rechercher d’autres modes de financement

Les besoins autour de la dépendance sont aujourd’hui estimés par les économistes de la santé entre un demi et un point de PIB ; soit entre 8 et 12 Md€ par an. Rappelons que la France consacre aujourd’hui 2 % de son PIB à l’autonomie, contre 4% pour les Pays Bas ou 3 % pour le Danemark.

Le point de départ d’une réflexion sur la refonte du système de financement de l’autonomie ne peut être seulement technique ou comptable. Comme l’ont préconisé les groupes de travail préparatoire aux assises, elle doit s’ancrer dans la définition d’une offre de prestations, socle d’accompagnement de la perte d’autonomie permettant de répondre aux différents besoins de la personne afin d’établir une réponse individualisée adaptée et digne sur la base de coûts connus.

Le financement de l’autonomie doit non seulement couvrir ce socle de besoins essentiels afin d’assurer une bientraitance de l’usager à tout moment de son parcours de vie mais également reposer sur :

● Une tarification adaptée tant en établissement qu’à domicile ;
● Un plafonnement du reste à charge pour les personnes ; ce dernier étant particulièrement lourd en établissement. Le niveau de ce reste à charge pourrait être établi selon des mécanismes proches de ceux pratiqués pour les établissements accueillant des jeunes enfants et basés sur le quotient familial. Cela permettrait de garantir une juste participation aux coûts car établis sur la base des capacités contributives de la personne.

Au-delà du socle de prestations d’accompagnement que devra assurer la solidarité nationale dans le cadre d’un cinquième risque, car la responsabilité de la prise en charge du risque de perte d’autonomie doit être collective, un financement complémentaire doit encore être réfléchi. Il pourrait être couvert par la solidarité familiale, une assurance, un recours au patrimoine…

Dans le cadre de l’enquête citoyenne initiée par le Conseil départemental à laquelle près de 1 000 Meurthe-et-Mosellans ont participé (dont 130 collégiens) à l’occasion des assises de l’autonomie, une majorité de personnes s’est exprimée en faveur d’une contribution des familles sous réserve de supprimer les contraintes pour les petits-enfants et de ne procéder à la récupération sur succession qu’au-delà d’un seuil de patrimoine.

Bien d’autres options complémentaires au cinquième risque méritent d’être examinées comme celles avancées par exemple par des économistes de la santé dans le cadre du Conseil d’analyse économique et qui proposent :

● L’instauration d’une assurance obligatoire contre le risque de dépendance lourde (Gir 1, 2 et 3) qui sont à la fois peu fréquents et peu durables mais connaissent des restes à charge élevés ;
● La création d’une Apa élargie en établissement combinant l’Apa et l’aide Sociale à l’Hébergement (ASH). Elle couvrirait l’ensemble des dépenses de dépendance autres que les soins, y compris le surcoût d’hébergement dû à la dépendance ;
● Ou, s’agissant du recours au patrimoine pour financer la perte d’autonomie, l’instauration d’un prêt-dépendance assis sur le patrimoine immobilier des ménages.

Quelles que soient les solutions retenues et dès lors qu’elles sont respectueuses des valeurs républicaines d’équité et de solidarité, il est nécessaire d’établir une tension féconde entre un cinquième risque et une part de financement complémentaire à condition qu’elle soit encadrée par la loi. Cette combinaison est en effet susceptible de produire de meilleurs effets qu’un cinquième risque seul, qui, en regard des besoins, serait calibré trop bas et pénaliserait d’abord les personnes les plus démunies.


Article rédigé par le Journal des Acteurs Sociaux (édition janvier 2019).

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événement

Mineurs non accompagnés : l’urgence de nouvelles réponses - retour sur le colloque du 8 février ( publié le 26-02-2019 )

On le sait, les départements font face à un afflux de Mineurs non accompagnés sans précédent (40 000 en 2017 contre 25 000 un an plus tôt, selon l’ADF). Comment les accueillir, les mettre à l’abri, évaluer leur minorité ou encore les accompagner vers (...)

On le sait, les départements font face à un afflux de Mineurs non accompagnés sans précédent (40 000 en 2017 contre 25 000 un an plus tôt, selon l’ADF). Comment les accueillir, les mettre à l’abri, évaluer leur minorité ou encore les accompagner vers l’autonomie ?... autant de questions cruciales qui interrogent celles et ceux qui, sur le terrain, sont confrontés ces réalités.

C’est à la fois pour dresser un état des lieux précis et dessiner des perspectives d’actions que Le Jas, L’École de la Protection de l’enfance, associés à l’Odas, ont organisé le colloque “Mineurs non accompagnés, l’urgence de nouvelles réponses”, le 8 février. Cette journée d’information et d’échanges, qui s’est déroulée à la Maison de la Chimie (Paris), a attiré quelque 600 personnes venues de toute la France, preuve, si besoin était, qu’il s’agit d’un enjeu crucial pour les acteurs politiques et associatifs. C’est dans un état d’esprit constructif que les intervenants d’horizon très différents [1] ont partagé leurs expériences et ressentis (parfois fort différents) en évitant les polémiques stériles qui polluent souvent les débats dès lors qu’il s’agit de cette question sensible.
Deux anciens MNA on même pu partager avec bienveillance leurs parcours avec les aspects positifs et ceux qui le furent moins.
Au-delà du constat sur les difficultés partagées (saturation des dispositifs, lacunes d’accompagnement social et sanitaire, évaluation de la minorité...), le colloque a aussi permis de mettre en avant des initiatives audacieuses. On peut citer l’accueil familial bénévole mis en place en Loire-Atlantique (voir la fiche d’Apriles, le laboratoire d’innovation de l’Odas, portant sur cette action) ou encore le dispositif Trajet initié dans le Nord qui rationalise et mutualise les grandes étapes de l’accueil et l’évaluation du MNA. Didier Lesueur, directeur de l’Odas, a également fait référence à l’enquête de l’observatoire « Les modes d’accueil adaptés aux mineurs non accompagnés : Face à l’urgence, des départements innovent » qui recense des modes d’accueil innovant.
Si tous les acteurs ont souligné que les moyens manquent, malgré un très lourd investissement des départements (2 milliards d’euros), ils ont aussi démontré leur implication pour que la question des MNA soit traitée à la fois de manière humaniste et juste.

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Finances départementales d’action sociale

L’étude annuelle de la Dress sur les dépenses d’aide sociale des départements confirme les précédents résultats de l’Odas ( publié le 15-02-2019 )

« Le ralentissement des dépenses d’aide sociale des départements se confirme en 2017 » titre la Dresse dans son dernier rapport. Un titre qui n’est pas sans rappeler les constats de l’Odas publiés en mai 2018, soulignant que "pour la deuxième année (...)

« Le ralentissement des dépenses d’aide sociale des départements se confirme en 2017 » titre la Dresse dans son dernier rapport. Un titre qui n’est pas sans rappeler les constats de l’Odas publiés en mai 2018, soulignant que « pour la deuxième année consécutive, la dépense d’action sociale départementale augmente modérément ».

Neuf mois après l’étude annuelle de l’Odas sur les dépenses départementales d’action sociale en 2017, basée sur une estimation à partir d’un échantillon de 43 départements, la Dress publie ses résultats consolidés issus des remontés de l’ensemble des départements. Ceux-ci confirment les tendances déjà observées par l’Odas dans son dernier rapport annuel sur la question intitulé « Dépenses départementales d’action sociale en 2017 : un effritement inquiétant des marges de manœuvre ».

Consulter le rapport de la Dress

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Evénement

Journée citoyenne et prévention de la délinquance ( publié le 14-02-2019 )

Les 13 et 14 décembre, la fédération Citoyens et Justice organisait sa Commission nationale Justice des Enfants et des Adolescents (JEA) à Pontoise. L’objectif de ces journées étaient de poursuivre les travaux sur la prévention de la délinquance (...)

Les 13 et 14 décembre, la fédération Citoyens et Justice organisait sa Commission nationale Justice des Enfants et des Adolescents (JEA) à Pontoise. L’objectif de ces journées étaient de poursuivre les travaux sur la prévention de la délinquance juvénile et d’approfondir cette fois-ci la notion d’Engagement. Pour évoquer ces problématiques, deux jours de débats étaient organisés autour des questions d’engagement qu’il soit citoyen ou institutionnel. Une table ronde intitulée « Les Citoyens sur le devant de la scène » mettait notamment à l’honneur la journée citoyenne, en présence de Didier Lesueur, directeur général de l’Odas, association qui porte l’essaimage de la Journée citoyenne, et Michel Gonord, maire de Champagne-sur-Seine (commune organisatrice de la Journée citoyenne) et ambassadeur de la Journée citoyenne.

En effet, comme l’affirme Citoyens et Justice dans sa note de positionnement stratégique, diffusée à l’occasion de ces deux journées, la prévention de la délinquance est l’affaire de tous. Citoyens, élus, professionnels de l’action sociale, intervenants socio-judiciaires, médecins, éducation nationale...
Elle doit être portée par des politiques nationales et locales capables à la fois d’impulser les complémentarités des dispositifs et de ses acteurs et d’accompagner les citoyens dans l’apprentissage d’un vivre ensemble bienveillant et solidaire.

Il faut retrouver ensemble le goût du partage et de la solidarité qui permettait aux gens de prendre soin les uns des autres. Didier Lesueur, Directeur Général de l’ODAS, défend cette même idée constatant que l’intensité de la pauvreté et de la précarité, est rendue aujourd’hui plus difficile qu’hier en raison de l’affaiblissement des liens sociaux. A cet égard, il relève que depuis 30 ans « toutes les politiques sociales publiques ont favorisé l’autonomie en oubliant d’entretenir son pendant qui est l’interdépendance ».

  • « Pour grandir, on a tous besoin de se nourrir des uns des autres. (...) Une société de l’individu est une société qui s’effondre et qui va vers la barbarie » _ -Didier Lesueur

Aussi, favoriser les liens sociaux et solidaires participe de la prévention de la délinquance. Didier Lesueur, Directeur Général de l’ODAS préfère, quant à lui, employer le mot de « prévenance » plus positif et tourné vers l’attention à l’autre.
Cette attention à l’autre est exactement le but de la journée citoyenne, créée il y a 10 ans par le Maire de Mulhouse et portée depuis 2015 par l’ODAS.

Michel Gonord, Ambassadeur de la Journée Citoyenne en Ile de France et Maire de la ville de Champagne sur Seine en est à sa deuxième édition.
Des événements dans sa ville, il en faisait régulièrement, marché de Noël, fête de la ville, manifestations thématiques. A chaque fois, peu ou prou, cent cinquante habitants, toujours les mêmes, participent aux festivités. C’est peu au regard des 6 500 champenois que compte sa ville.
Pour lui, la journée citoyenne a quelque chose de particulier en ce qu’elle fédère des personnes qui ne se seraient jamais déplacées, jamais rencontrées.

  • « Ils ne viennent pas profiter d’une manifestation organisée par la mairie mais travailler à un projet les concernant » -Michel Gonord

Le succès est au rendez-vous

Cette année de nouveaux citoyens se sont engagés dans les actions proposées par la municipalité, permettant de brasser naturellement et sans cibler personne, tous les âges, toutes les origines sociales et culturelles

Pour la mairie, c’est beaucoup d’organisation et d’anticipation mais les retombées tant en termes de réalisation de travaux pour la ville que de rapprochement des citoyens sont des plus positifs. A cet égard, Michel Gonords’est aperçu qu’un groupe s’était créé sur facebook avec la volonté pour certains participants de se retrouver dans un autre cadre.

Mais qu’en pensent les citoyens

Pierre Spiteri, citoyen engagé et membre d’une association, est porteur de projet depuis la première édition de la journée.

  • « Pour une journée citoyenne en septembre il faut commencer à réfléchir dès février/mars sur l’action à développer et les équipes à constituer » -Pierre Spiteri

Pour cela, les porteurs d’atelier rencontrent plusieurs fois les équipes municipales. Il faut trouver des projets pérennes. Pas question de créer un nouveau jardin, si son entretien n’est pas pensé en amont que ce soit par un collectif d’habitants ou par les équipes municipales. Le mot d’ordre n’est donc pas de « faire pour » mais de « faire ensemble », tous ensemble.

A cet égard, « Cette année, le centre d’hébergement de migrants de la ville a été associé à l’opération. Des réfugiés se sont proposés pour participer avec nous à plusieurs actions », témoigne Pierre Spiteri.

C’est aussi cela la journée citoyenne !

Source de l’article : Citoyens et justice - Bulletin de la Commission JEA

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