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Décryptage Le développement social pour tous ceux qui n’y croient pas - 2e partie

Comme nous l’avons déjà relevé le mois dernier (lire l’article précédent), le développement social est dans l’air du temps. C’est pourquoi, dans l’optique d’une publication à venir sur le sujet, il a paru nécessaire au Journal de l’action sociale, en partenariat avec l’Odas, de consacrer la rubrique Décryptage de cinq de ses numéros (voir les thématiques en fin d’article) à l’explicitation du développement social. Le mois dernier, la première séquence portait sur “qu’est-ce que le développement social ?”. Ce mois-ci, la séquence est consacrée à ses objectifs concrets. La finalité de la démarche étant bien de contribuer à promouvoir une même conception du développement social entre tous les acteurs, pour en favoriser l’essor et la réussite.



L’ampleur des changements sociétaux et le contexte de crise profonde qui s’enracine et s’aggrave dans ses trois dimensions, écologique, sociale et sécuritaire, donnent aujourd’hui une toute autre dimension à la question sociale. La dureté et la complexité du monde dans lequel nous vivons créent une vulnérabilité qui nous concerne tous et explique la perte de confiance qui caractérise notre pays.
La réponse à cette vulnérabilité ne peut donc s’appuyer sur les seuls mécanismes de la solidarité juridique (voir 1re séquence) qui concerne principalement les aspects économiques. Il ne s’agit pas de sous-estimer les conséquences de la précarité de l’emploi sur la vie des gens. Mais d’autres évolutions pèsent autant sur la perte de confiance de nos concitoyens. Le lien social se privatise avec des réseaux de relations qui se bâtissent essentiellement dans des cercles étroits. Or, quand le lien social régresse, l’indifférence, subie ou revendiquée, devient vite enfermement. Accompagnant l’effacement des repères, l’absence de projets et de perspectives conduit un nombre croissant de jeunes et d’adultes à se réfugier dans des communautés d’origine ou des réseaux mafieux. L’avenir se décline négativement, d’autant plus que l’affaissement de l’exemplarité du politique consolide le climat de défiance.
Face à des défis d’une telle ampleur, l’entretien du vouloir vivre ensemble nécessite donc de passer d’une conception étroite de la solidarité à une vision globale qui rejoint celle du développement durable. Car au cœur des enjeux économiques, sociaux et environnementaux, se dessine la même urgence à considérer l’interdépendance de tous et donc le développement des liens et des repères (qui n’est autre que le développement social), comme une priorité. Mais, il convient alors de s’interroger sur les axes stratégiques qui permettent concrètement d’y parvenir.

REVITALISER LES LIENS ET LES REPÈRES DE TOUS

Le premier objectif consiste à promouvoir une action volontariste en faveur de tout ce qui peut générer de nouvelles relations d’écoute, d’entraide et de respect entre tous les habitants. C’est le pari d’une citoyenneté active qui complèterait la solidarité institutionnelle en permettant à chacun de participer plus activement à l’effectivité du bien vivre ensemble. C’est donc ressourcer la citoyenneté dont l’exigence première a été complètement oubliée. En effet, la citoyenneté est le plus souvent vécue dans le cadre exclusif du mandat. On délègue la préservation du vivre ensemble à la représentation politique. On délègue la responsabilité de la cohésion sociale à la sécurité sociale et aux pouvoirs publics. Et on se satisfait d’y contribuer par l’imposition lorsque l’on a le privilège d’être contribuable. Or, cette citoyenneté vécue exclusivement à travers des voies intermédiaires renforce l’idée que le lien juridique est supérieur au lien social. On est loin ici de la citoyenneté dans sa définition républicaine qui fait du civisme sa condition d’expression.
Dans cette perspective, le développement social ne peut se concevoir sans un plan d’actions ambitieux pour que chacun s’investisse concrètement comme producteur de lien social. Ce qui nécessite un entretien constant des valeurs d’altérité en s’appuyant, à titre de démonstration, sur les pratiques les plus inspirantes.

S’appuyer sur les pratiques inspirantes
Nous ne mettrons jamais trop en lumière l’expérience engagée par la municipalité de Berrwiller dans le Haut-Rhin, qui, chaque année lors d’une “Journée citoyenne”, mobilise la moitié de sa population de 7 à 77 ans, avec le concours des entreprises, autour de chantiers de rénovation des bâtiments et des espaces verts de la ville. De véritables chantiers de rénovation du lien social en réalité. D’ailleurs, les résultats sont si stimulants que, malgré le silence des médias et les obstacles engendrés par le principe de précaution, la démarche a inspiré une trentaine de villes de la région, dont certaines ont plusieurs milliers d’habitants, et se répand dans d’autres régions.


Journées citoyennes Alsace 2013 par joachim-reynard

Citons aussi l’exemple des Jardins de Cocagne, ces jardins maraîchers implantés sur des terrains désaffectés pour produire et distribuer des légumes biologiques, sous forme de paniers hebdomadaires à quelque 20 000 familles adhérentes. Leur but premier est bel et bien de favoriser le développement de liens sociaux et de permettre à des adultes en difficulté de retrouver un emploi et des perspectives. Plus de 1500 bénévoles s’investissent ainsi avec 700 encadrants pour accompagner près de 4000 jardiniers sur le chemin de l’insertion.
Pourtant, malgré leurs retombées, ces initiatives qui s’apparentent à des “révolutions tranquilles” restent, dans notre pays, trop souvent anecdotiques, sectorisées et méconnues. Alors que dans d’autres pays elles sont encouragées, parce qu’elles permettent de positiver les difficultés, ici c’est le contraire. Elles ne sont ni valorisées, ni facilitées, car elles heurtent frontalement notre culture administrative plus soucieuse de défendre le pouvoir des autorités que l’implication des habitants. De fait, l’énergie du créateur est davantage consacrée à la maîtrise des contraintes normatives qu’à la mise en œuvre du projet. Une réalité que les acteurs impliqués dans le développement social doivent garder à l’esprit pour devenir des facilitateurs permettant de contourner les obstacles bureaucratiques et de transformer une constellation d’initiatives locales en véritables dynamiques structurantes de revitalisation du vivre ensemble à l’échelle d’un quartier, d’une commune, d’un bassin de vie.

Structurer autrement le bénévolat
Cela suppose d’engager par ailleurs un processus de développement massif du bénévolat. Car si l’on recense bien 16 millions de bénévoles, soit près du tiers des Français de plus de 18 ans, seuls 40% d’entre eux sont des bénévoles dits “réguliers”, parce que disponibles quelques heures chaque semaine.
Or, si l’État peut encourager des initiatives comme celle de France bénévolat qui soutient les associations en quête de bénévoles, ou promouvoir le service civique pour les jeunes, c’est dans la proximité que l’on peut structurer le développement du bénévolat.
C’est quotidiennement et sur les lieux de vie qu’il faut communiquer sur l’intérêt d’être bénévole, au travers de campagnes régulières d’affichage dans les quartiers ou par le biais des radios locales. En engageant des actions avec les écoles, collèges et lycées, mais aussi avec les entreprises et les caisses de retraite. Et ce, avec le souci, non pas de dénigrer moralement les comportements d’indifférence, mais de montrer l’intérêt que chacun peut tirer de l’action collective. Car faut-il le rappeler, le bénévolat ne se confond pas avec la charité, ni avec la militance. Il est avant tout une relation d’échange et de réciprocité qui conduit à une forme d’accomplissement.
Or, seules les collectivités locales disposent d’une vision globale des besoins du territoire pour pouvoir définir une palette d’activités suffisamment large pour offrir le plus grand choix. Sans compter qu’elles peuvent mobiliser l’ensemble de leurs équipements et services pour promouvoir le bénévolat et recenser les bénévoles potentiels. Ainsi, les services techniques des villes (parcs et jardins, voirie…) pourraient renforcer le lien avec les habitants par la distribution de prospectus, la réalisation d’enquêtes. C’est vrai aussi des services consacrés au sport, à la culture, au social, aux requêtes administratives, à la police municipale, qui pourraient être davantage mis à contribution pour attirer dans leur sillage leurs divers partenaires (entreprises, caisses de protection sociale, administrations diverses…). Avec comme perspective d’aboutir à la création dans chaque ville d’un espace de rencontre, véritable “maison de la fraternité” animée par des habitants et des associations pour orienter et accompagner les personnes dans la construction d’un parcours bénévole en adéquation avec leurs envies et les besoins du territoire.
En outre, ce sont les collectivités locales qui peuvent favoriser l’extension du bénévolat aux services publics, dans une logique de complémentarité avec les professionnels, en enrichissant la relation au public d’une dimension moins formelle et plus spontanée. Car contrairement au discours selon lequel le bénévolat serait une manière de combler, à moindre coût, un service défaillant, des exemples montrent qu’à chaque fois qu’un établissement public ou parapublic a osé associer des bénévoles à son fonctionnement, l’amélioration de la qualité du service rendu en a renforcé la fréquentation au point de produire, par contrecoup, le recrutement de nouveaux salariés.

Changer radicalement de regard
Pour autant, l’enjeu n’est pas de restaurer la cohésion de notre communauté sur n’importe quelle base, mais sur celle de la reconnaissance de l’autre qui s’étiole de plus en plus. À commencer par le regard porté sur nos aînés. On nous dit “la France vieillit et c’est dangereux”, alors qu’en réalité l’expérience des seniors devrait être présentée comme une richesse. Dans cette perspective, les relations entre les générations sont déterminantes, si l’on veut bien voir dans chaque retraité un acteur éducatif apte à délivrer du savoir ou, à défaut, de l’attention. Mais au-delà des initiatives intergénérationnelles anecdotiques ou réductrices parce que principalement consacrées au soutien aux personnes âgées plus ou moins dépendantes, il s’agit de faire de l’intergénérationnel l’un des axes structurants du projet politique des collectivités, associations et institutions concernées.
Par exemple, l’école : on pourrait par la mobilisation des personnes âgées accroître bien davantage dans les communes l’offre périscolaire si nécessaire depuis la réforme des rythmes scolaires ; on pourrait aussi mieux entretenir la mémoire des quartiers, des métiers et des idées, par la création de clubs intergénérationnels dans toutes les écoles. Les exemples ne manquent pas dans d’autres domaines également, comme le tutorat auprès de jeunes en insertion pour leur permettre de mieux préparer leur entrée dans la vie active, ou encore le parrainage des enfants protégés dans le cadre de l’aide sociale à l’enfance (Ase). Pourquoi ne pas mettre auprès des 250 000 enfants suivis par les services de protection de l’enfance, 250 000 parrains ?
Et si nous parvenons à changer notre regard sur l’âge, nous parviendrons à le changer sur les origines, car dans les deux cas il s’agit de positiver l’hétérogénéité croissante de notre société.

REPENSER LES RÉPONSES SOCIALES POUR LES PLUS FRAGILES

Il peut paraître pour le moins contradictoire de demander à toutes les politiques publiques et à tous les acteurs d’un territoire d’adopter une approche volontariste en faveur du lien social, si l’action sociale elle-même en semble éloignée dans ses modes d’action. Le défi d’une conception plus large, plus ouverte, de la question sociale et les évolutions qu’il suppose concernent aussi les politiques sociales telles qu’on les pratique aujourd’hui. En effet, elles demeurent essentiellement focalisées sur la “réparation” des situations dans une logique de dispositifs au détriment d’une logique d’intégration des populations fragilisées et de prévention des exclusions sociales. C’est pourquoi, l’enjeu du développement social est bien d’imaginer un accompagnement social qui ne consiste pas simplement en une intervention directe du professionnel, mais qui s’ouvre sur la mobilisation de toutes les personnes susceptibles d’apporter une contribution positive, que ce soit en matière de soutien à l’enfance et à la famille, de soutien à l’autonomie ou d’insertion. Avec comme premier effet, et non des moindres, de rendre l’intervention sociale moins stigmatisante et plus préventive.

Développer l’approche collective
En effet, si l’on accorde plus de place à l’approche collective dans le travail social, en systématisant le diagnostic et le recours à l’ensemble des ressources du territoire, on se laisse la possibilité de consacrer plus de temps aux personnes qui se trouvent dans un “entredeux” précaire. Ces personnes vulnérables, mais dont la situation n’est pas excessivement alarmante, sont aujourd’hui souvent livrées à elles-mêmes. En les sollicitant autour de leurs compétences et du soutien à d’autres personnes, on prévient une éventuelle spirale négative.
C’est particulièrement nécessaire en ce qui concerne le soutien aux familles, dont l’isolement constitue un facteur de risque considérable pour l’enfant. Un constat qui révèle un besoin d’ouverture et d’écoute que les professionnels ne peuvent satisfaire à eux seuls. À l’instar de démarches engagées dans d’autres pays, il faut faire le pari du soutien communautaire, avec la mise en œuvre de réseaux visant à soutenir les parents ou tout simplement à échanger des services ou des savoirs. Ces démarches permettent aux familles de se rencontrer et, ainsi, de se ressourcer et d’analyser ensemble leur situation pour mieux l’affronter.
Si l’on convient que cette option est la bonne, il reste alors à s’interroger sur sa faisabilité. C’est là qu’apparaît le rôle incontournable de l’école et de la relation de l’école et du service social. C’est en effet par l’école que l’on peut, mieux que partout ailleurs, repérer les enfants en difficulté. C’est par l’école que l’on peut informer les parents, sans stigmatisation, de tout ce qui est mis en œuvre localement pour les épauler. C’est enfin par l’école que l’on peut requérir, si besoin est, l’appui de professionnels pour mieux comprendre les déchirures de l’enfant et lui offrir un soutien éducatif personnalisé. C’est pourquoi il paraît dorénavant inéluctable d’envisager l’affectation de travailleurs sociaux dans les écoles, pour leur permettre de retrouver une réelle proximité avec les familles. À condition que les professionnels sachent s’appuyer davantage sur les potentialités des adultes pour leur permettre de trouver dans leur propre environnement les points d’appui nécessaires à leur autonomie. En effet, sans perception positive de la contribution des familles à leur propre socialisation, rien de durable n’est concevable. Une question qui renvoie par ailleurs aux relations délicates entre professionnels et bénévoles. Le travail social démultiplierait ses forces en s’appuyant sur des réseaux de bénévoles, qui disposent d’un temps précieux pour l’écoute, la dédramatisation et la simplification des rapports.

Rejeter toute forme de stigmatisation
Cette évolution doit aussi concerner les réponses médico-sociales. En effet, le secteur médico-social, et tout particulièrement les établissements, s’est longtemps laissé enfermer dans un espace de réflexion étroitement façonné par la culture hospitalière. On a ainsi privilégié des critères de sécurité et de fonctionnalité au détriment des logiques d’animation et de vie sociale. Alors que les établissements et les services doivent faire face à des besoins tout aussi respectables sur le terrain psychologique que physique, seul le second est pris en charge. C’est d’abord le cas pour la localisation des établissements qui sont souvent isolés géographiquement, à la périphérie des agglomérations, et donc socialement. Comme une trace visible de notre inaptitude à accepter la différence. Mais aussi pour leur fonctionnement. En effet depuis une vingtaine d’années, la prolifération des directives assèche progressivement toute capacité d’animation et de vie sociale et entretient une conception condescendante de la relation à la fragilité. La protection devient enfermement, alors qu’il faudrait admettre sans état d’âme que préserver la vie sociale ne peut se faire qu’en en acceptant les risques. Ce qui est possible dans d’autres pays comme la Belgique ou le Québec qui réussissent à s’abstraire du principe de précaution grâce à une délégation de responsabilité émanant des familles.
On peut faire le même constat en ce qui concerne le soutien à domicile. Pour respecter le désir d’autonomie des personnes âgées, il s’agit de privilégier l’accompagnement sur l’assistance substitutive. Soutenir une personne âgée à domicile, c’est avant tout l’aider à en sortir. D’ailleurs, diverses enquêtes révèlent que les personnes en perte d’autonomie souhaitent avant tout pouvoir continuer à vivre comme tout le monde. Pourtant, les efforts engagés par les pouvoirs publics portent avant tout sur des réponses spécifiques. Les intéressés plébiscitent l’adaptation des services de droit commun, mais c’est l’autre option qui prévaut. Et lorsque les décideurs évoquent l’accessibilité, c’est principalement à propos d’adaptation technique, comme le prévoit la loi du 11 février 2005.
Si l’on veut agir en développeurs sociaux, il est donc impératif de reconfigurer les propositions pour qu’elles impliquent autant les professionnels de l’urbanisme, que ceux des transports, du sport, de la culture… Va-t-on enfin comprendre que l’enjeu de l’accessibilité repose autant sur la présence humaine que sur l’adaptation des équipements. Il est consternant de voir aujourd’hui des personnes handicapées ou très âgées se détourner des transports publics parce qu’elles ne sauront pas utiliser des billetteries électroniques. Le renforcement de la présence humaine aurait par ailleurs le mérite d’alléger la tâche des aidants naturels au moment où se pose la question cruciale de leur avenir. Pour soutenir le maintien à domicile, on ne pourra donc plus éviter de construire une coopération indispensable entre les personnes concernées, leurs familles, les professionnels, mais aussi les bénévoles et les voisins. Autrement dit, une complémentarité de service entre la solidarité familiale, la solidarité publique et la solidarité de proximité.
C’est pourquoi, pour réussir cette coopération, on ne pourra éviter de définir le champ social de façon extensive, en ne se référant plus seulement à des publics précarisés, mais à tous les habitants : le social retrouvant ainsi sa vocation première, faire société. ■


Les publications de l’Odas traitant du développement social
Cliquer sur le titre pour plus d’infos

> Cahier de l’Odas - Recherche action « Les villes et le lien social » - Juin 2013
> Lettre de l’Odas - « Les villes et le vivre ensemble. Enquête sur les priorités politiques et stratégiques des villes de plus de 30.000 habitants » - Mai 2013
> Lettre de l’Odas - « Développement local et performance sociale : Où en sont les Départements ? » - Novembre 2010
> Les Cahiers de l’ODAS - « Développement social local : Les voies de l’action au service du changement » - Juin 2007
> Lettre de l’ODAS - « Les maires et le vivre-ensemble - Les nouveaux contours de l’action municipale en matière de solidarité » - Avril 2007
> Rapport de l’ODAS - « Travail social et développement social : La formation initiale au coeur du changement » - Novembre 2002
> Ouvrage « Décentralisation : de l’action sociale au développement social - Etat des lieux et perspectives » - 2001
> Les Cahiers de l’ODAS - « Les Maires et le lien social » - Novembre 1998
> Les Cahiers de l’ODAS - « Pouvoirs locaux : vers une nouvelle réponse sociale » - Octobre 1997

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