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Les colloques Odas

Rencontre des communes autour de la Journée Citoyenne - Mercredi 16 mars au Sénat ( publié le 15-02-2016 )

Plus de 150 élus, habitants, agents municipaux, représentants d’entreprise…, se sont retrouvés mercredi 16 mars au Sénat pour lancer le réseau des villes en Journée citoyenne lors d’une journée organisée par l’Odas. Le réseau permettra de mettre à (...)

Plus de 150 élus, habitants, agents municipaux, représentants d’entreprise…, se sont retrouvés mercredi 16 mars au Sénat pour lancer le réseau des villes en Journée citoyenne lors d’une journée organisée par l’Odas. Le réseau permettra de mettre à disposition des différentes villes déjà engagées ou qui souhaitent rejoindre la démarche, témoignages et outils pour réussir ce temps fort d’engagement citoyen et de convivialité. La Journée citoyenne, expertisée et soutenue par l’Odas, acquiert, avec ce colloque destiné à favoriser son essaimage, une dimension nationale.

  Sommaire  

La Journée Citoyenne a été initiée à Berrwiller (Haut-Rhin) il y a neuf ans. Le principe en est simple : chaque année, durant une journée, les habitants d’une commune ou d’un quartier se mobilisent bénévolement pour réaliser ensemble des projets qu’ils ont eux-mêmes proposés (chantiers d’amélioration du cadre de vie, rénovation d’équipements, projets culturels…).La Journée Citoyenne est l’occasion pour tout habitant volontaire, quels que soient sa situation, son âge ou son origine, de devenir acteur pour le bien commun, avec des élus qui accompagnent les initiatives des citoyens et retissent ainsi des liens forts avec la population.
Elle concerne aujourd’hui plus de 300 communes dans 65 départements. La rencontre du 16 mars visait à les rassembler dans une perspective d’échange d’expériences et de valorisation de la Journée Citoyenne, avec l’objectif que cette réflexion partagée favorise la transformation de cette initiative en véritable « révolution tranquille » pour un « mieux vivre ensemble » dans tout le pays.

Organisée par l’Odas en collaboration avec le Sénat, l’AMF, le collectif « Vivre ensemble et Fraternité », cette journée se déroulera mercredi 16 mars dans les Salons de Boffrand de la Présidence du Sénat.

>>Télécharger le programme

 Programme

Journée animée par Christophe Robert, rédacteur en chef du JAS

9h30 – Accueil des participants

10h00 - Ouverture par Gérard Larcher, Président du Sénat

10h15 - La Journée Citoyenne, des principes et des actes
Témoignage des trois premiers maires qui ont lancé la Journée Citoyenne

10h30 – La Journée Citoyenne, la rencontre de tous les acteurs
Interventions d’acteurs locaux impliqués dans la Journée Citoyenne : habitants, chefs d’entreprise, professionnels des collectivités publiques, acteurs associatifs…

11h00 – La Journée Citoyenne, l’affaire de toutes les communes
Témoignages et présentations visuelles (films ou photographies) de diverses Journées Citoyennes dans toute la France.

>>Appel à témoignages : venez témoigner sur la journée citoyenne dans votre commune (voir plus bas pour en savoir plus).

11h45 - Des acteurs économiques s’engagent
- Michel Gonord, Responsable des Partenariats Solidarité d’EDF
- Betty Marcerou, Directrice générale de la Banque Postale Collectivités Locales

12h00 – La Journée Citoyenne, un réseau national en construction
Lancement du réseau des communes en Journée Citoyenne et présentation du rôle des ambassadeurs locaux. Témoignages et appel à candidatures.

12h30 – Cocktail déjeunatoire dans les salons du Sénat

14h00 - La Journée Citoyenne, une « révolution tranquille »

  • Propos liminaires - Didier Lesueur, Directeur général de l’ODAS et Fabian Jordan, Maire de Berrwiller et coordinateur du Réseau des communes en Journée Citoyenne.
  • Table ronde – Comment généraliser la Journée Citoyenne ?
    Nathalie Appéré*, Députée maire de Rennes
    François Baroin, Sénateur-Maire de Troyes et Président de l’AMF
    Christophe Béchu, Président de l’ODAS et Sénateur-Maire d’Angers
    Jean-Marie Bockel, Sénateur du Haut-Rhin et Président de la communauté d’agglomération m2A
    Jean-Louis Sanchez, Président du Collectif « Vivre ensemble et fraternité »

15h15 - Echange avec la salle

16h00 - Clôture par Patrick Kanner*, Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports

*Sous réserve

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 Nos partenaires

             

L’Observatoire national De l’Action Sociale (Odas) et Mulhouse Alsace Agglomération (M2A) accompagnent le développement de la Journée Citoyenne, en partenariat avec La Banque Postale, EDF, la CCMSA et la Fondation SNCF et avec le soutien de l’Assemblée des Maires de France (AMF) et du Journal de acteurs sociaux (Jas).

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« Trente ans de décentralisation. Quel avenir pour l’action sociale et médico-sociale ? » - le 13 novembre 2014 à Paris. ( publié le 15-09-2014 )

Après trente ans de décentralisation et alors que le gouvernement annonce une nouvelle réforme territoriale remettant en cause les compétences des Départements en matière d’action sociale : quel bilan, quelles perspectives et quel avenir pour l’action (...)

Après trente ans de décentralisation et alors que le gouvernement annonce une nouvelle réforme territoriale remettant en cause les compétences des Départements en matière d’action sociale : quel bilan, quelles perspectives et quel avenir pour l’action sociale et médico sociale ? Le 13 novembre 2014 à Paris, au cours d’un symposium réunissant universitaires et personnalités qualifiées, l’Odas apportait des clés de lecture essentielles pour répondre à ces questions d’une brulante actualité. Retour sur une journée riche d’enseignements.

Trente ans après la mise en œuvre d’une première vague de décentralisation, s’ouvre aujourd’hui la perspective d’une nouvelle réforme. On pourrait s’en réjouir car l’évolution sans précédent de la société française appelle une adaptation constante des pouvoirs publics. Mais à condition de s’appuyer sur une évaluation du passé et une vision opérationnelle de l’avenir. C’est à cet exercice que s’est livré l’Odas dans sa conférence du 13 novembre dernier qui a réuni près de 400 participants représentant tous les courants institutionnels.
L’Odas a eu d’abord le souci de rappeler que les propositions ne doivent pas s’appuyer sur une vision exclusivement économique de la solidarité. Car les éléments constitutifs de notre modèle républicain ne sont pas seulement d’ordre économique. Ils sont également relationnels (fragilité des liens sociaux) et identitaires (perte des repères et valeurs). Or, si la définition des droits et des dispositifs sociaux, qui doivent être identiques sur l’ensemble du territoire, est indiscutablement l’affaire de l’État, c’est avant tout dans la proximité que les liens et les repères peuvent être entretenus. La réforme doit impérativement en tenir compte.
De plus, dans une période où les choix sont davantage dictés par le souci de résultats immédiats plutôt que durables, il faut se garder de privilégier la transformation des organisations sur la rationalisation des fonctionnements, la redéfinition des compétences sur la mise en synergie des efforts. Or, c’est le choix qui semble avoir prévalu dans la nouvelle réforme territoriale qui se caractérise notamment par la remise en cause du processus de départementalisation. C’est pourquoi à un moment où l’on admet partout que le principal rôle du conseil général porte sur le maintien de la solidarité, si précieuse en période de crise, on peut penser que l’analyse de trente ans de décentralisation de l’action sociale peut contribuer utilement à réorienter le débat.
C’est l’ambition du rapport de l’Odas présenté à l’occasion de la conférence du 13 novembre (publication prévue en décembre) pour nous aider à mieux mesurer si les départements ont su s’adapter aux nouveaux besoins d’une société en mouvement mais aussi s’ils ont su prévenir l’émergence des risques sociaux. Si, selon l’Odas, le premier objectif semble aujourd’hui atteint, les départements jouent maintenant leur avenir sur leur capacité à achever la restructuration de leurs modes d’intervention en direction de la prévention et du développement social.

 1. Action sociale : un développement maîtrisé

Parmi les diverses compétences transférées en 1983 aux départements officiellement reconnus comme collectivités territoriales de plein exercice, ce sont celles concernant l’action sociale qui donnèrent lieu au plus grand nombre de controverses. Plus précisément, les craintes portaient sur l’intérêt des élus sur les questions sociales, le maintien d’un lien entre besoins et réponses, la préservation du principe d’égalité et la reconfiguration des priorités d’intervention. L’établissement du bilan de la décentralisation passe donc par la réponse à ces interrogations.

La solidarité est-elle prioritaire dans les budgets départementaux ?
Alors que les budgets des régions sont principalement affectés à l’investissement, les budgets des départements ont une structure comparable à celle des communes, avec une section de fonctionnement prépondérante : plus de 60 % dans les deux cas. Or, de façon constante depuis 1995, les dépenses d’action sociale représentent plus des deux-tiers des dépenses totales de fonctionnement des départements, hors épargne. Toute évolution dans les dépenses d’action sociale a donc une répercussion importante sur l’ensemble du budget départemental, tant pour ce qui concerne la section de fonctionnement que la section d’investissement.
C’est cet impact important sur le reste du budget qui a longtemps fait craindre que les départements acceptent mal les contraintes financières de l’action sociale au motif qu’elles ne pouvaient s’accroître qu’au détriment de la capacité d’équipement et donc du développement économique. Or l’analyse rétrospective de ces trente dernières années montre que ces craintes étaient excessives. En effet, les dépenses sociales ont progressé au même rythme que l’ensemble des dépenses, pour passer de 5,5 milliards d’euros en 1984 à 33,6 milliards en 2013. Et ce malgré les difficultés financières des départements. On peut donc dire que la mobilisation des ressources départementales en faveur de l’action sociale n’a pas été sacrifiée contrairement à tous ceux qui pensaient que les élus locaux s’en désintéresseraient faute d’impact électoral. Et d’ailleurs ce sont les dépenses les moins “électoralistes” qui ont le plus progressé.

Les choix d’action sociale sont-ils déterminés par l’évolution des besoins sociaux ?
La forte évolution de la dépense d’action sociale s’explique en partie par l’évolution de la réglementation. Mais, les orientations des élus départementaux pèsent aussi considérablement sur l’évolution des dépenses dans des domaines où les choix n’étaient pas contraints. C’est pourquoi, il n’est pas sans intérêt de relever que lorsque l’on analyse la restructuration des budgets d’action sociale départementale on est frappé par la concordance entre l’évolution des dépenses et l’émergence de nouveaux besoins.
Ainsi, dans le domaine du handicap, sous l’effet conjugué de la forte progression des besoins de la population, mais aussi des nouvelles attentes des familles concernées bien relayées par le monde associatif, les conseils généraux ont autorisé dans ce domaine la création de nombreuses structures et services, aboutissant au doublement du nombre de places offertes dans les établissements et services.
La dépense ayant été multipliée par neuf, il a alors fallu effectuer des choix plus contraignants pour d’autres publics, ce qui n’est jamais facile, tout particulièrement lorsqu’il s’agit de publics influents sur le plan électoral. C’est le cas notamment pour la dépense concernant les personnes âgées qui est passée, entre 1984 et 2013, de 24 à 20 % de la dépense d’action sociale départementale. En effet, avec l’accroissement des revenus des personnes âgées, les départements ont eu la possibilité de réajuster leur niveau d’intervention et de la réorienter vers le soutien à la perte d’autonomie.

Les inégalités entre départements se sont-elles aggravées ?
Alors que l’on pouvait craindre que la progression des budgets sociaux dans le cadre de la décentralisation ne s’accompagne d’un renforcement des inégalités d’offre de services entre départements, c’est l’inverse qui se produit. Indiscutablement, l’analyse de l’évolution des dépenses de l’ensemble des départements permet de constater l’existence d’une tendance à la convergence des dépenses d’autant plus significative qu’elle concerne notamment des secteurs assez peu encadrés par la réglementation nationale (personnes handicapées, enfance en danger).
Ainsi, pour prendre le même exemple que précédemment, c’est dans le secteur de l’hébergement des personnes handicapées, où la croissance des dépenses a été la plus forte, que cette réduction des inégalités est la plus significative. L’indicateur de dispersion des dépenses passe en effet de 2,2 en 1984 à 1,7 en 2012. La dispersion a donc régressé de 25 % environ.
On peut donc relever face aux détracteurs de la décentralisation que le système décentralisé peut comme le système centralisé produire ou réduire les inégalités. La norme n’y est pour rien, en l’occurrence c’est la proximité des décideurs et la prégnance des besoins qui expliquent le renforcement de l’unité malgré la reconnaissance de la diversité.

Les départements conservent-ils des marges de manoeuvre ?
Il reste que la capacité de choix des départements est fortement ébranlée aujourd’hui par les transferts de compétences qui ont eu lieu ces dernières années. En effet, les départements ont été chargés de gérer et de financer des prestations dont les règles de délivrance sont fixées par le législateur. Ce qui revient à leur confier des compétences sans leur confier les pouvoirs correspondant, tout en les contraignant à financer ces prestations.
La création de l’Apa en 2002 et de la prestation de compensation du handicap (PCH) en 2005 traduit cette évolution dans le domaine du soutien à l’autonomie. Mais c’est surtout le transfert du financement du RMI-RSA en 2004 qui restreint la liberté d’initiative des départements. Leur avenir est donc lié à l’évolution des rapports avec l’État qui peut s’avérer prometteur si l’on en croit la déclaration du Premier ministre sur une éventuelle renationalisation du financement du RSA.

>Pour en savoir plus : consultez les tableaux concernant l’évolution des dépenses d’action sociale départementale de 1984 à 2013 présentés lors du colloque.

 2. Développement social : un repositionnement difficile

L’aprés-midi était consacrée à la présentation des nouvelles perspectives de l’action sociale à travers les premiers enseignements de la recherche action « Territorialisation et cohésion sociale » menée par l’Odas auprès de 18 départements. A cette occasion, une partie des Départements de la recherche action a accepté de témoigner en image de sa conception générale ou d’une expérience particulière de développement social.


Les CG et le développement social - Colloque... par joachim-reynard

Retour sur les premiers enseignements de la recherche action
Alors qu’un département sur deux se déclare déjà engagé dans le développement social, c’est bien dans le passage à sa mise en œuvre opérationnelle que les difficultés se révèlent. Les acteurs départementaux se trouvent d’abord confrontés à la nécessité de prendre en compte des injonctions contradictoires. Ils doivent gérer de plus en plus de dispositifs (Apa, RMI-RSA, MDPH, PCH, informations préoccupantes, majeurs protégés…) au moment où l’extension de la vulnérabilité dans ses divers aspects incite à la multiplication des actions préventives.

La difficile restructuration du travail social
Certes les départements ont eu le mérite d’organiser la territorialisation de leurs services sur des critères stratégiques. Des territoires infra-départementaux ont été définis à partir de critères socio-démograpiques pour que les réponses soient adaptées à chacun d’entre eux. En outre, ces territoires sont identiques, quels que soient les services, alors qu’avant la décentralisation chaque service bénéficiait d’un découpage particulier. De plus, les services sont presque partout regroupés autour de missions transversales : le soutien à l’autonomie, le soutien à l’enfance et à la famille, l’insertion.
Mais sur le terrain fonctionnel les difficultés apparaissent, tout particulièrement en ce qui concerne le travail social. Tout d’abord, la charge de travail dédiée à l’accueil et à l’accès aux droits représente en moyenne un quart du temps de travail des assistants de service social, bien que de nombreux départements affectent également du personnel administratif à la fonction d’accueil. Le travail social est par ailleurs profondément touché par l’obligation d’évaluation liée aux dispositifs (RSA et protection de l’enfance – informations préoccupantes – notamment). En moyenne, un tiers du temps des assistants de service social est consacré à ce travail de diagnostic et d’évaluation. Il ne reste donc qu’un tiers du temps de travail pour la
fonction d’accompagnement, alors qu’il s’agit de sa toute première responsabilité. Il en résulte un faible développement des actions collectives (6 % du temps de travail), qui peut aussi trouver son origine dans les difficultés du partenariat indispensable à la mise en oeuvre du développement social.

Les atermoiements du partenariat
Alors que la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales positionnait explicitement le département comme “chef de file” de l’action sociale, les diverses évolutions réglementaires ont plutôt contribué à déstabiliser le département dans sa fonction prospective et sa mission d’animation du territoire. C’est pourquoi l’analyse des relations entre le département et ses partenaires est utile. Il faut d’abord relever l’impact positif de l’enracinement des départements dans l’action sociale et la mise en œuvre de réformes importantes sur la protection de l’enfance et le soutien à l’autonomie. D’après trois quarts des départements, la qualité des relations s’est maintenue, voire légèrement améliorée, avec la Justice et les organismes de protection sociale.
En revanche, alors que la collaboration avec les villes s’avère décisive pour concrétiser un repositionnement stratégique sur le développement social, celle-ci s’avère particulièrement perfectible. En effet, seul un tiers des villes trouve suffisante l’articulation entre les politiques municipales et départementales en matière d’insertion et de soutien à l’autonomie par exemple. Un constat partagé dans les mêmes proportions par les départements, avec seulement 10 % d’entre eux qui déclarent des partenariats formalisés que ce soit sur les politiques d’insertion, de soutien à l’autonomie ou à l’enfance et la famille.
On est donc encore très éloigné de la construction d’un partenariat stratégique qui ne peut naître que d’une observation partagée, clé de voûte du partenariat d’action.

Une dynamique d’observation en quête de sens
C’est d’autant plus concevable que l’observation sociale se développe. Plus d’un département sur deux déclare avoir mis en place une démarche d’observation permanente concernant la totalité du champ des solidarités. De plus, la plupart des départements affirment avoir mis en place au moins une démarche d’observation, sectorielle, territoriale ou plus large, pour définir leurs nouvelles réponses.
Mais l’existence d’une démarche d’observation ne signifie pas toujours que le travail effectué porte sur le repérage des besoins, qu’ils soient sociaux, relationnels ou éducatifs. Quant au partenariat d’observation, s’il se développe, il se limite très souvent à de simples échanges de données : les diagnostics sont encore peu partagés et l’appropriation de la démarche par la définition partagée des objectifs est encore plus rare.

En conclusion, l’Odas relève que, depuis une trentaine d’années, les départements n’ont cessé d’investir des ressources considérables dans le domaine social, tout en réussissant à diversifier l’offre sociale et médico-sociale, sans accroître pour autant les inégalités de réponse entre territoires. Bien au contraire, sous la pression des besoins sociaux, ceux qui avaient fait beaucoup ont réduit leur effort, ceux qui avaient fait moins, l’ont accentué. Il n’en reste pas moins que la réussite de la décentralisation de l’action sociale ne peut reposer sur sa seule capacité à préserver l’égalité des chances. Elle repose aussi sur sa capacité à exprimer la diversité territoriale française.
C’est pourquoi l’ampleur et la qualité du mouvement infradépartemental de territorialisation de l’action sociale peuvent surprendre, d’autant plus qu’il s’accompagne d’une volonté de dépasser le cadre strict de l’action sociale à connotation essentiellement réparatrice pour s’engager progressivement dans le développement social à connotation principalement préventive.
Il faut donc espérer que ces divers constats permettent de faire évoluer le projet actuel de réforme, en partant d’une vision mieux définie de la finalité de la décentralisation et en s’appuyant sur une évaluation approfondie des forces et faiblesses des départements. Un troisième acte de la décentralisation ne peut se justifier que s’il aboutit à renforcer l’efficacité économique des pouvoirs publics sans pour autant affaiblir les mécanismes de la solidarité.

>>Télécharger le programme du colloque

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Les maires et le pacte républicain - Colloque au Sénat le 4 juin à 18h00 ( publié le 04-06-2014 )

Mercredi 4 juin 2014 à 18h00, l’Odas et le Collectif Appel à la fraternité organisaient, dans les salons Boffrand de la présidence du Senat, un colloque intitulé « Les maires et le pacte républicain », sous le haut patronage de Jean-Pierre Bel, président (...)

Mercredi 4 juin 2014 à 18h00, l’Odas et le Collectif Appel à la fraternité organisaient, dans les salons Boffrand de la présidence du Senat, un colloque intitulé « Les maires et le pacte républicain », sous le haut patronage de Jean-Pierre Bel, président du Sénat, et en partenariat avec les principales associations de maires et institutions concernées.

Toutes les enquêtes d’opinion le montrent : la crise de confiance des Français s’est considérablement accentuée ces dernières années. Même les maires n’y échappent pas, comme le laisse entrevoir l’important taux d’abstention des dernières élections municipales. Or, c’est au niveau municipal que peuvent s’épanouir les liens et les repères, indispensables au mieux vivre ensemble. Comment dès lors amplifier l’impact des politiques municipales ?

 Au programme

Télécharger le programme>>Télécharger le programme

18h00 - Accueil des participants
« De l’utilité d’une démarche de mobilisation des acteurs locaux sur la revitalisation des liens sociaux et des repères éducatifs »,par Pierre Méhaignerie, maire de Vitré et président de l’Observatoire national de l’action sociale (Odas).

Ouverture des travaux
« De la défiance à la confiance, faire ensemble pour vivre ensemble », par Jean-Louis Sanchez, président du Collectif Vivre ensemble et Fraternité et auteur de La Promesse de l’autre (Editions Les Liens qui Libèrent).

18h20 - Quelles sont les pratiques les plus inspirantes pour revitaliser les liens et les repères ?

  • Les Journées citoyennes et la mobilisation des énergies locales, par Fabian Jordan, maire de Berrwiller (Haut-Rhin).
  • Les ateliers du vivre ensemble et le dialogue des générations, par Pierre-Marie Charvoz, maire de Saint-Jean de Maurienne (Savoie).
  • La médiation sociale dans une ville populaire, par Ali Zahi, vice-président de la communauté d’agglomération Est Ensemble et conseiller municipal de la ville de Bondy (Seine-Saint-Denis).
  • De nouvelles formes d’échanges économiques sont-elles possibles ?, par Catherine Barbaroux, présidente de l’Adie.

>> Débat avec les participants

19h30 - Quels outils permettent de diffuser ces bonnes pratiques ?

  • La promotion des bonnes pratiques et de l’expérimentation, par Sabine Fourcade, directrice générale de la Direction générale de la cohésion sociale.
  • L’implication des médias, par Jérôme Cordelier, rédacteur en chef au Point.
  • La formation des élus, par Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Cher et Présidente de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation.

>> Débat avec les participants

20h20 - Conclusion
Par Jean-Pierre Bel, Président du Sénat.

20h30 - Cocktail

 Informations pratiques

Le symposium a lieu mercredi 4 juin 2014, de 18h00 à 20h30, dans les Salons Boffrand de la Présidence du Sénat, 15 ter rue Vaugirard. Il sera suivi d’un cocktail.

Renseignements et inscriptions
Joachim Reynard
01 44 07 02 52
joachim.reynard@odas.net

Attention : Inscription obligatoire
L’accès ne sera possible que pour les personnes inscrites et munies d’une pièce d’identité.
Merci de vous présenter à 17h30 pour le passage du contrôle de sécurité
Cette manifestation ne pouvant compter qu’un nombre très limité de participants, merci de nous rapidement confirmer votre présence par mail.

>>Télécharger le programme

 Retour en vidéos

En ouverture, Jean-Louis Sanchez, président du Collectif, a rappelé que “la promotion des valeurs collectives, des postures d’écoute et d’entraide”, permet d’éviter que “les citoyens ne s’éloignent les uns des autres et que se multiplient peurs, barrières et corporatismes”.


Les maires et le pacte républicain - Colloque... par joachim-reynard

Un propos relayé par Pierre Méhaignerie, président de l’Odas, résolu et optimiste : “Tout est possible, cela dépend de nous ! N’attendons plus de l’état ce qu’il ne peut plus donner. Il faut en finir avec les réglementations qui n’en finissent pas et tuent l’initiative et la créativitédes citoyens. Le changement doit venir d’en bas et non d’en haut.”


Les maires et le pacte républicain - Colloque... par joachim-reynard

DES ACTIONS DANS LA DURÉE
Des maires et responsables d’association
ont témoigné de la
pérennité des actions engagées
sur leur territoire ou dans leur
sphère d’influence. Fabien Jordan
est ainsi revenu sur les “Journées
citoyennes” de Berrwiller
(Haut-
Rhin), créées en 2008. Il
a souligné l’importance du taux
de participation aux chantiers
organisés dans le cadre de ces
Journées. Des moments “qui permettent
un véritable “partage de
bonheur” entre élus et citoyens
et développent le respect mutuel
entre la population et la collectivité.
On n’a jamais eu autant de moyens
de communication on oublie juste
de se parler…”. 49 communes voisines
ont désormais repris et
adopté le concept.


Les maires et le pacte républicain - Colloque... par joachim-reynard

À Saint-Jean de Maurienne, le
maire Pierre-Marie Charvoz a
souhaité dès 2008 “que l’on puisse
se rencontrer davantage dans les
quartiers et dans la ville”. Cette
politique du mieux vivre-ensemble
est notamment passée par un
continuum renforcé des pratiques
artistiques et culturelles, la transformation
de la Semaine bleue
en semaine intergénérationnelle
et la mise en place d’un Conseil
intergénérationnel. À l’arrivée,
grâce à une forte mobilisation,
les habitants se parlent davantage
et le fossé entre générations s’est
largement comblé. “Rencontrer
les autres est une idée simple,
mais constitue aussi un sursaut
démocratique et républicain” a
conclu le maire savoyard.


Les maires et le pacte républicain - Colloque... par joachim-reynard

Le Conseiller de Paris Atanase
Perifan a créé dès 2000 la “Fête
des voisins”. Misant sur “le gisement
de générosité” des particuliers,
l’événement a conquis 36
pays, et 27 % des français y ont
participé le 23 mai dernier. Ce
qui révèle un vrai besoin d’entretenir
la proximité et les relations
de voisinage. Comme l’a souligné
Atanase Perifan : “L’enfer, ce n’est
pas “les autres”, mais d’être seul
et de ne servir à rien”.
Enfin, le général Gobilliard, président
de la Société des Membres
de la Légion d’honneur, a souligné
le nécessaire engagement de ses
membres en faveur des plus
démunis et des défavorisés, engagement
qu’il souhaite mettre dorénavant
au service de la renaissance
du lien : “Il s’agit désormais de
mettre les forces de nos sections
au service des maires lorsqu’ils
s’engagent dans cette voie”.


Les maires et le pacte républicain - Colloque... par joachim-reynard

À QUEL NIVEAU ET DANS QUEL CONTEXTE AGIR ?
À quel niveau impulser ces pratiques,
à la fois simples à énoncer
mais résolument innovantes ?
D’évidence, c’est à l’échelon municipal
que doit se situer la coordination
des actions. Comme l’a
souligné Jean-Louis Sanchez :
“Proches des citoyens, les maires
peuvent restructurer liens et
repères”. Et cela même si le département
ou l’intercommunalité
restent des espaces privilégiés en
ce qui concerne le monde rural
ou péri-urbain.
Par ailleurs, la nature du tissu
social ne constitue pas un obstacle
au renforcement du vivre-ensemble.
Le maire de Richwiller (Haut-
Rhin), Pierre Hagenbach, a ainsi
souligné que “les Journées citoyen -
nes peuvent s’épanouir dans une
ville de banlieue”. En l’occurrence,
celle de Mulhouse. De la même
façon, Ali Zahi, vice-président
de la communauté d’agglomération
“Est Ensemble” et conseiller
municipal de Bondy (Seine-Saint-
Denis), a souligné que les grosses
intercommunalités avaient tous
les moyens pour “redonner de
l’espoir dans les quartiers pauvres”.
C’est ainsi que sa communauté d’agglomération qui a favorisé
l’expression des habitants, par
exemple en ce qui concerne l’agencement
des logements sociaux,
et soutenu des initiatives émanant
des habitants, formulées sur une
simple demi-page…


Les maires et le pacte républicain - Colloque... par joachim-reynard

QUELQUES CONDITIONS POUR L’ACTION
Comme l’a souligné Pierre
Méhaignerie, “Les systèmes centralisés
rendent l’âme les uns après
les autres. La société civile doit
se mobiliser.” Un constat que n’est
pas loin de partager Sabine
Fourcade, directrice générale de
la cohésion sociale. Pour elle, la
difficulté est de concilier “profusion
et généralisation”.
Pour lutter contre l’uniformisation
des réponses et favoriser la créativité,
elle a annoncé le lancement
du programme “Agile : Agir pour
la gouvernance pour libérer l’initiative
locale pour mieux lutter
contre l’exclusion”. Cette expérimentation
repose sur l’engagement
de l’état d’assouplir les normes
dès lors que l’ensemble des acteurs
sociaux locaux s’accordent pour
traiter des situations de manière
intégrée au niveau départemental
ou interdépartemental. Cette évolution
passe aussi par un “changement
de posture” des travailleurs
sociaux, les conduisant à coconstruire
avec des citoyens actifs”.


Les maires et le pacte républicain - Colloque... par joachim-reynard
Parallèlement, à la restauration
des relations sociales, le retour
dans l’emploi constitue un levier
fondamental dans le regain de
confiance des citoyens. À cet
égard, le développement du microcrédit
a maintenant montré toutes
ses vertus. Catherine Barbaroux,
présidente de l’Adie, a souligné
que le taux de pérennité des TPE
crée par ce biais est de 70 % à
deux ans et 60 % à trois ans. Et
en tout état de cause, 84 % des
bénéficiaires ayant échoué retrouvent
un emploi et les pertes financières
se limitent à 2,5 %.


Les maires et le pacte républicain - Colloque... par joachim-reynard

Pour sa part, la sénatrice Jacqueline
Gourault, présidente de la
Fédération des élus démocrates,
a insisté sur le besoin de formation
des élus : le monde territorial est
complexe et chacun ne sait pas
nécessairement jusqu’où sa collectivité
peut aller. “La formation
est un lieu d’échange. Les hommes
et les femmes agissent, mais la
connaissance et la transmission
de ce qui se fait ailleurs est essentielle.
L’information est fondamentale
dans le pacte républicain.”


Les maires et le pacte républicain - Colloque... par joachim-reynard

Une préoccupation que rejoint
Jérôme Cordelier, rédacteur en
chef au Point, tout en rappelant
les limites de l’exercice médiatique :
“Un média repose sur l’émotion
et la passion. Quand l’un et l’autre
se rejoignent, l’information est
reprise, comme l’a montré l’aura
de l’Abbé Pierre ou de Soeur
Emmanuelle”. Mais il se veut optimiste : “Malgré un procès permanent
fait aux médias, de plus
en plus d’initiatives locales, collectives
et solidaires, sont relayées
par la presse nationale”.


Les maires et le pacte républicain - Colloque... par joachim-reynard

En conclusion Jean-Pierre Bel,
président du Sénat, a apporté son
“soutien à la démarche” en insistant
fortement sur le rôle des
maires. “Servir les autres permet
de nous transcender. L’engagement
de l’élu est sa motivation première.
Nous sommes dans un pays qui
a besoin de se bouger et de s’ouvrir
aux autres sans complexe.”


Les maires et le pacte républicain - Colloque... par joachim-reynard
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