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Qui sommes-nous?

Qu’est-ce que l’Odas ?

L’Odas a été créé en 1990 à la suite d’un rapport du Conseil économique et social et à la demande des présidents des commissions des affaires sociales de l’Assemblée nationale et du Sénat pour analyser l’action des collectivités locales et des institutions territoriales en matière de cohésion sociale. A cette fin, il évalue l’impact des diverses politiques éducatives et sociales, consacrées notamment à la protection de l’enfance, à l’insertion,  au soutien à l’autonomie, et plus largement au vivre-ensemble. L’Odas apporte ainsi son concours aux différents acteurs publics et associatifs en diffusant le plus largement possible sa connaissance des attentes des publics, des besoins sociaux, des financements consacrés à la solidarité, des stratégies et des organisations locales.

Par ailleurs, parce que l’optimisation des ressources existantes et l’innovation sont indissociablement liées, l’Odas a créé l’Agence des pratiques et initiatives locales « Apriles » qui recense, expertise et mutualise les innovations les plus prometteuses en matière de transformation sociale (https://odas.apriles.net) ainsi que le Lab'AU (https://odas.labau.org), un site ressource pour changer durablement le regard sur le vieillissement et le handicap et donner toute leur place dans la société aux personnes âgées et handicapées.

Afin de respecter le principe de neutralité et de permettre la représentation équilibrée, quelle que soit l’appartenance institutionnelle ou politique des acteurs locaux, l’Odas est constitué en association. Ce qui limite les risques d'instrumentalisation par l'Etat, bien que celui-ci soutienne activement certains travaux de l'Odas. Ce sont ces principes d'organisation institutionnelle qui expliquent que l'Odas compte parmi ses adhérents non seulement les grandes associations nationales d'élus, les principales fédérations associatives du monde éducatif et social, les organismes de protection sociale, mais aussi la plupart des départements et des grandes villes.

La composition de son conseil d’administration, mais aussi de ses groupes de travail, et plus largement de son réseau, reflètent ainsi le souci d’une grande diversité politique, institutionnelle et géographique, conçue à la fois comme une condition d’objectivité, et une source d’enrichissement.

Ses missions

Réaliser toutes les études nécessaires à une meilleure connaissance des publics, des finances, des stratégies et des organisations des collectivités territoriales et institutions publiques.

Repérer et évaluer les initiatives les plus innovantes grâce à son Agence des pratiques et initiatives locales (Apriles - https://odas.apriles.net) et à son Lab'AU (https://odas.labau.org) afin de favoriser leur mutualisation et leur diffusion.

Accompagner les évolutions voulues par les collectivités territoriales (Départements, Villes...) par le biais, notamment, de recherches-actions.

Diffuser le plus largement possible les résultats des différentes études auprès des responsables locaux (institutionnels et associatifs), des chercheurs et des professionnels.

Enrichir le débat sur les conditions susceptibles de renforcer la qualité du vivre-ensemble et de la cohésion sociale à travers l’organisation de colloques ou la participation à des manifestations d’autres institutions.

Les thèmes de travail de l’Odas couvrent l’ensemble du champ des politiques concourant au développement des liens sociaux et des repères partagés (soutien à l’autonomie, soutien à l’enfance et à la famille, insertion, citoyenneté) et s’appuient sur les logiques de développement social (voir infra). L’Odas assure la diffusion de ses différents travaux grâce à la publication d’ouvrages, de rapports ou de « lettres », mais aussi à travers l’organisation de manifestations nationales ou locales.

Ses principes de fonctionnement

Pour l’Odas, l’observation n’a de sens que si elle est mise au service de la décision et de l’action. En effet, l’évolution des problématiques sociales nécessite une vigilance et une constante adaptation des politiques et pratiques susceptibles d’endiguer les phénomènes de précarité économique, relationnelle (affaiblissement des liens sociaux, isolement, repli sur soi) et identitaire (relativité des repères partagés par tous, déficit de reconnaissance sociale). Cette ambition nécessite donc d’établir des relations de confiance entre tous les acteurs, ce qui est d’autant plus nécessaire que le partage de l’observation et de la réflexion constitue une condition essentielle d’efficacité. Ces principes s’illustrent en particulier dans sa méthodologie qui associe les acteurs locaux et nationaux depuis la définition des finalités jusqu’aux préconisations qui suivent l’analyse.

Près de 4000 élus, cadres et professionnels du secteur public comme du secteur associatif collaborent chaque année aux travaux de l’observatoire (enquêtes, recherches-actions, expertises…). Cette dynamique explique que les enquêtes lancées par l’Odas bénéficient d’un taux de réponse très élevé, autorisant de ce fait des analyses particulièrement significatives.

Ses sources de financement

Le fonctionnement et l’activité de l’Odas sont financés pour un tiers par les adhésions de ses membres (collectivités locales, organismes de protection sociale, associations, entreprises) et pour un tiers par l’État. Le troisième tiers est constitué de contributions financières provenant de divers commanditaires publics ou privés, affectées à des activités ciblées ou des travaux particuliers.

Qu'est ce que le développement social?

Pour l’Odas, le développement social se définit comme une nouvelle conception de l’action publique, favorisant la participation de tous les acteurs locaux dans le développement d’initiatives (culturelles, éducatives, festives, sportives…) aptes à renforcer la solidarité de droit par une solidarité d’implication. Il s’agit de parvenir ainsi à l’intégration des populations fragilisées non seulement par la précarité matérielle ou la différence culturelle, mais aussi par l’âge, le handicap ou encore l’isolement...
Le développement social nécessite donc de sortir de la seule appréhension des publics par leurs difficultés, au profit d’une approche plus globale des territoires et de leurs habitants, à l’aune des difficultés qu’ils rencontrent mais également de leurs ressources et de leurs potentiels.
Sur le plan des pratiques d’intervention, il ne s’agit alors plus seulement d’accompagner les personnes en situation de précarité par la voie d’actions individuelles ou collectives, mais bien de s’appuyer sur l’ensemble des forces vives d’un territoire pour en renforcer la cohésion. Dans cette perspective, le travail social est invité à passer d’une logique d’intervention qui privilégie davantage le « faire pour » à celle qui promeut le « faire avec ». De la même manière, le développement social interroge directement la gouvernance et le fonctionnement des institutions, en posant la question de la prise en compte de logiques ascendantes et transversales. Enfin, le développement social positionne la notion de territoire comme espace de projets partagés, permettant de redonner sens à la devise républicaine, « liberté, égalité, fraternité ».

Consolider le commun : l'Odas et le soutien à la citoyenneté

Didier Lesueur, directeur général, nous explique comment cette question est devenue centrale dans le travail de l’Odas.

Didier Lesueur

Comment la citoyenneté s’est-elle invitée dans le cœur de métier de l’Odas qu’est l’étude des politiques sociales ?
 

Didier Lesueur : Nos travaux sur le terrain nous ont conduits à acquérir une conviction : la question sociale n’est pas seulement une question économique mais une question relationnelle, avec l’affaiblissement des liens sociaux avec l’aléa des repères partagés.

Prenons l’exemple de l’enfance en danger : notre travail a mis en exergue que la majorité des enfants n’étaient pas menacés par des mal- traitances proprement dites, mais étaient victimes de parents n’ayant pas les clefs pour les éduquer correctement. Pour le dire rapidement, ces enfants étaient moins victimes de l’absence de biens que de l’absence de liens leur permettant de trouver auprès d’autrui des solutions à leurs problèmes en matière d’éducation, de travail, de dépendance, d’isolement... à l’origine des ces évolutions, on peut noter que durant ces 40 dernières années, l’épanouissement individuel a été encouragé aux dépens de ce qui relève de la vie en communauté.

On a laissé s’effriter les mécanismes de construction collective. Il est donc indispensable de favoriser une citoyenneté active pour consolider le vivre-ensemble. Car la citoyenneté ne se résume évidemment pas à travailler, payer ses impôts et voter. C’est l’implication de chacun dans la société car nous sommes tous coresponsables de notre vie en société.
 

Quels leviers préconisez- vous ?


D.L : Nos travaux montrent que les acteurs les mieux placés pour soutenir le développement de la citoyenneté sont les élus locaux et particulièrement les maires et leurs équipes. Il faut donc d’abord reconsidérer notre approche de la décentralisation. Elle ne peut plus être un mécano institutionnel visant à rééquilibrer les pouvoirs entre État et collectivités locales.

Elle doit viser une finalité : la consolidation de la cohésion de la société. Il faut par ailleurs soutenir et promouvoir les initiatives qui vont dans ce sens. C’est ce que fait l’Odas avec la Journée Citoyenne. Elle est emblématique, car c’est elle s’adresse à tous les habitants, quels qu’ils soient, redonne une place à chacun en les conviant à s’engager pour la collectivité.

La finalité n’est pas l’activité elle-même (chantiers, valorisation du patrimoine, transmission de savoirs, projets culturels...), c’est ce qu’elle permet : tisser des liens et faire société en somme. J’évoquerai aussi la logique de développement social, autrement dit une conception de l’action publique qui repose sur l’intégration de la question des liens et des repères dans l’ensemble des politiques engagées en plaçant les habitants en tant qu’acteurs. Il faut non seulement passer d’une logique de “faire pour” à une logique de “faire avec” les habitants.

Mais pour que ça fonctionne, cela passe par l’instauration de nouveaux types de rapports entre les élus et leurs administrés. C’est dans les territoires où les élus font confiance que se développent le plus grand nombre d’initiatives citoyennes, et par ricochet, que croît la confiance des habitants envers leurs élus. C’est un cercle vertueux.

La promesse des autres - Observation et engagement